Langage des jeunes

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2863 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 19 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
2.4 Langage et intégration

Il s’impose de préciser que le langage dont il est question dans cet article n’est pas parlé par tous les jeunes des cités mais seulement pas certains d’entre eux qui sont en général ceux qui arrêtent très tôt les études ou se trouvent en échec scolaire. Les jeunes qui cherchent à s’intégrer à la société, à adopter les normes de la culture dominante, parlenten général assez peu le langage dont il à été question ici. Et lorsqu’ils parlent, ils ne refusent pas l’appropriation que la culture dominante peu en faire. Au contraire, ils essayent de voir une complémentarité entre les langages. Cela montre que ces jeunes perçoivent ce langage comme l’expression d’une sous-culture.

Les jeunes qui ont des problèmes avec la justice et rejettent lesystème scolaire et la société dans son ensemble cherchent à préserver « leur » langage, quitte à le faire évaluer dès lors qu’il est parlé ailleurs qu’à l’intérieur de leur cadre de vie.

Sous-culture d’un côté, contre-culture de l’autre, il semblerait finalement que tout soit une question d’intégration au sens durkheimien du terme. Ceux qui parlent ce langage tout en refusantd’intérioriser les normes et valeurs dominantes prétextent d’une contre-culture.

Une enquête réalisée en mars 1997 auprès des élèves de première ES du lycée Le-Corbusier d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) permet d’aboutir aux mêmes conclusions. Cette enquête a été réalisée une fois que les élèves avaient assimilé les notions de sous-culture et de contre-culture. Il apparaissait que vingt desvingt-deux élèves interrogés prétendaient parler plus ou moins le langage dont il est question, défini par les trois caractéristiques suivantes :

- Utilisation massive du verlan (y compris des mots en verlan à leur tour verlanisés)

- Utilisation de mots d’argot ;

- Utilisation d’expression sublimant la violence.

Parmi les vingt élèves (ayant entre16 et 20 ans), douze prétendaient que ce langage exprime une sous-culture. Ces douze élèves ont tous pour ambition d’obtenir le baccalauréat et de se diriger vers des études supérieures. Neuf d’entre eux prétendaient parler ce langage « assez rarement » ou « rarement ». Parmi les huit élèves prétendant que ce langage exprimait une contre-culture, six se trouvaient en situation d’échec scolaire(quatre ont été réorientés à la fin de l’année scolaire, suite à une demande formulée par eux-mêmes, le passage en terminale étant de droit). Un des huit élèves a par ailleurs abandonné  les études au moins de mai. Il s’agissait de celui qui prétendait parler ce langage très souvent.

3. Langage codifié – Le verlan ou le langage du miroir

Les jeunes se sont créer des moyenspour pouvoir opérer de manière transgressive, pour faire du cryptique : troncation des mots, inversion des mots, emprunts à l’autre langue. Pour de nombreux linguistes, le vocabulaire des cités est restreint. Il se fonde sur des clichés, du verlan et des hyperboles. Le français normatif mets l’accent en finale, fait de l’apocope tandis que le téci mets les mots à l’envers, l’accent sur l’avantdernière syllabe et fait de l’aphérèse. Tous ces processus, conscients et inconscients, relèvent d’une volonté  d’affirmer une identité groupales. Nous avons une forme de langue miroir et ce n’est évidemment pas innocent. Le verlan est en cela emblématique.

3.1 Définition du verlan

Le Verlan est une forme d’argot français qui consiste en l’inversion des syllabes d’un mot,parfois accompagnée d’«élision», un type d’apocope, afin d’éviter certaines impossibilités phonologique. Sans être connus sous le nom de verlan, les formes de métathèses en français les plus anciennes remontent au Moyen Âge et ont commencé à être utilisée par le peuple à partir du XVIe siècle, mais l’usage du verlan s’est particulièrement développé à partir de la Seconde Guerre mondiale....
tracking img