Langue arabe

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  • Publié le : 21 décembre 2010
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La langue arabe
Introduction
Aux environs du IVe siècle de l’ère chrétienne, au moment où nous en saisissons les premières manifestations, et jusqu’au début du VIIe siècle, l’arabe était l’idiome de quelques tribus nomades pour la plupart, errant dans les immenses déserts de l’Arabie, et dont seule une petite fraction s’était sédentarisée dans des oasis. Or, brusquement, au début duVIIe siècle, débordant ses déserts primitifs, cet idiome obscur allait, en l’espace de quelques décennies, se trouver porté jusqu’aux confins d’un immense empire recouvrant le Proche-Orient, l’ensemble de la bordure méditerranéenne de l’Afrique, l’Espagne, la Sicile, Malte... Au cours des siècles suivants, intégrant l’héritage des vieilles civilisations proche-orientales, véhiculant les vestiges de lalittérature hellénique, l’arabe devenait la langue d’innombrables écrivains et savants qui devaient jouer un rôle des plus importants dans la formation de la culture moderne.
Cette remarquable et soudaine expansion de l’arabe est liée à la naissance en Arabie, autour de 620, d’une religion qui allait se révéler vraiment dynamique: l’islam. L’avance de l’islam, porté d’abord par une conquête militaire,s’est accompagnée partout de l’avance de l’arabe, langue dans laquelle s’est faite la Révélation consignée dans le Coran. Il en résulte que, même dans les régions où il n’a pu s’instaurer comme langue parlée aux dépens de celles qui y étaient alors en usage, l’arabe s’est imposé comme langue de culture, à tout le moins comme langue religieuse. Aussi a-t-il conquis, à ce titre, de vastes régions dumonde, comme la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan, parmi les quelque 200 millions d’individus qui confessent l’islam.
1. Histoire de la langue
L’arabe est une langue sémitique. Elle appartient génétiquement à la même famille que l’akkadien, l’amorite, l’ougaritique, le cananéen (hébreu, phénico-punique, moabite), l’araméen, le sudarabique et divers idiomes éthiopiens (guèze, amharique, etc.).Mais, au sein de cet ensemble, on considère généralement que ses liens avec le sudarabique et l’éthiopien sont plus étroits qu’avec les autres langues. L’arabe constitue avec elles un sous-groupe particulier: le sémitique méridional. Une hypothèse communément admise assigne pour berceau à ce sémitique méridional la presqu’île arabique d’où serait parti le processus de sémitisation de l’ةthiopie,jusqu’alors domaine des langues couchitiques.
2- Le sudarabique
Dans la période historique la plus ancienne, l’arabe proprement dit n’occupait pas l’ensemble de la péninsule. L’épigraphie permet de reconnaître deux grands ensembles dialectaux assez différents l’un de l’autre pour qu’il ne soit pas possible de les considérer comme les deux aspects d’une même langue: le sudarabique et l’arabe du Nord.C’est de ce dernier que procède l’arabe actuel.
Le sudarabique nous est connu par un grand nombre d’inscriptions localisées pour la plupart sur les côtes sud et sud-ouest et aussi, pour certaines des plus anciennes, plus au nord dans le Hedjaz. Ces inscriptions, qui selon la chronologie prévalente remonteraient au VIIIe siècle avant J.-C., peut-être en fait jusqu’au IVe seulement, et qui s’étendentjusqu’au VIe siècle de l’ère chrétienne, illustrent d’abord un certain nombre de variétés d’une langue unique: le minéen, auquel par la suite se substituèrent sur son propre domaine, dans le Yémen, le sabéen, et, plus à l’est, l’awsanique, le qatabanique et le hadramoutique.
En dépit de leur abondance, ces inscriptions, par leur caractère stéréotypé et leur brièveté, ne permettent pas d’établir lagrammaire et le lexique du sudarabique dans tous les détails utiles. Elles suffisent cependant pour le caractériser assez clairement par rapport à l’arabe du Nord, dont il diffère par des traits structuraux importants.
Après l’islamisation, le sudarabique a été pratiquement supplanté par l’arabe du Nord et ne subsiste aujourd’hui que sur quelques points entre le Hadramout et l’Oman,...
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