Langues de specialite

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  • Publié le : 2 décembre 2010
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Langue(s) de spécialité(s) à des fins de traduction

Avant-propos

Une première version de ce texte a été rédigée à titre de support de cours pour les sept CM[1] (non redoublés de travaux dirigés) de prévus en troisième année de Licence de la section des traducteurs-interprètes (au 2ème semestre 2007-2008), à l’Université de Bucarest (Faculté de Langues et Littératures Étrangères, Chaire deFrançais). Il s’agissait du dernier d’une série de plusieurs modules visant à initier nos apprentis-traducteurs aux « langages spéciaux ».
J’ai opté alors, vu les besoins spécifiques de ce public, pour une démarche résolument interdisciplinaire (« langages spéciaux » comme préalables à la traduction spécialisée), et – faute de mieux – j’ai proposé en conclusion de la formation une réflexionexplicite sur la portée concrète de la discipline, qui aurait sans doute été mieux placée à l’intérieur d’un premier module, afin d’accroître la motivation des apprenants.

Je proposerai donc désormais ce texte, à mes étudiants en Licence d’Interprétariat-Traduction-Terminologie, à titre de support de cours pour le premier des modules en question, sinon à titre d’introduction à l’étude des languesde spécialité, en général.

Quelques décisions liminaires s’imposent, comme dans toute démarche d’enseignement, concernant notamment les contenus à enseigner. J’en ferai état brièvement dans ce qui suit.

La question de l’intitulé administratif du cours, d’abord. Soit, en roumain : limbaje speciale, ce qui correspond directement au terme français de langages spéciaux.
Ce terme ouvre unespace de réflexion sur la dimension à la fois linguistique (i.e. systémique) et langagière (i.e. discursive) de ces « lectes[2] », dans la lignée (entre autres) des recherches en linguistique juridique de Gérard Cornu (Cornu 1990[3]) – que j’assume sans réserves, mais ne se réfère pas aux seuls langages scientifiques et techniques[4] – ce qui ne me semble pas (ou : plus ?) correspondre au contenudes modules d’enseignement concernés.

En effet, sont réputés être des langages spéciaux tant les « jargons professionnels » (dont procèdent les langages scientifiques et techniques, directement concernés par ce programme d’enseignement), que les argots (ou : parlers de communautés restreintes utilisés à des fins cryptiques) et les « jargots » [5]  (au sens de Marc Sourdot[6], créateurde cette dénomination) : « langages spéciaux non cryptiques » tels les langages des sports et des jeux, « argots sans but hermétique » (le parler des prisons, dont se servent les malfaiteurs pour communiquer entre eux), jargons professionnels « employés cryptiquement » (maint usage du langage de la médecine répondrait à cette description), ou encore créations individuelles (quinzomadaire (surle modèle de : hebdomadaire), phallo-phile, …), etc.

Cela étant, j’ai opté – non sans réserves, cette fois-ci en regard à l’investissement structural(iste) et (donc) purement systémique de la notion – pour le terme de langues de spécialité, voire[7] de : langues de spécialités (Binon et Verlinde 2000).

Dans quelle mesure est-il maintenant à la fois réaliste et raisonnable de rendre justiceau pluriel (quel qu’en soit le niveau d’incidence), pour ce qui est du syllabus d’un module particulier?
Étant donné les besoins d’apprentissage de mon public actuel (apprentis-traducteurs en début de formation), ainsi d’ailleurs que l’évolution même de la discipline, sortie du giron structuraliste pour frayer plutôt avec les sciences cognitives[8], j’ai adhéré au principe de spécialisation dèsla sélection des contenus à enseigner : une langue de spécialité à la fois, donc.
C’est-à-dire : un domaine (sous-domaine) à la fois, et une langue-culture à la fois (français d’abord, roumain ensuite – et « en liséré »).
Perspective comparative délibérément opportuniste (pas  d’analyse contrastive per se).
Approche contrastive y compris intra-linguale.

Souligner les risques...
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