Lars von trier

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  • Publié le : 25 mai 2010
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DU LARS ET DU COCHON

«Suivez le courant
Au fil des Jours
Glissez Vers L'Océan
Ou se mire le ciel
Vous voulez vous réveillez
Vous libérez de l'image d'Europa
Mais cela est Impossible»
(Texte final du film « Europa »)

Fascinant, hypnotique , cauchemardesque, envoûtant : bienvenue dans l'univers des films du Danois Lars Von Trier.
Lars Von Trier est né à Copenhague le 13 avril 1956, auDanemark donc, la patrie de Carl Theodor Dreyer (Ordet, Jeanne d'Arc). Très tôt, il dévore les films de celui-ci, de Tarkovski (Le Miroir est son film préféré) et d'Orson Welles, qu'ils considèrent comme ses maîtres. En 1971, il réalise des petits films en 16 millimètres avec une caméra super 8 offerte par sa mère. Une passion est née.
En 1974, il entre au sein de la National Film School OfDenmark. Lars Von Trier est en rupture avec l'enseignement prodigué, sâoppose à ces professeurs. Mais déjà, des techniciens , des artistes plus âgé acceptent de travailler sous son total contrôle. Avec Nocturne en 1980, il réalise un court métrage de fin d'étude très remarqué primé au Festival des films étudiants de Munich. Lars Von Trier fait une oeuvre d'une grande beauté plastique sur un thèmeproche de Dancer In The Dark, la peur de devenir aveugle. Des images hyper-sophistiqués, une lumière particulièrement étudié, un plan-séquence final avec les oiseaux en surimpression (hommage à Alfred Hitchcock ?) derrière la jeune femme sur une musique de l'album Heroes de David Bowie, démontrent sa précocité à marquer le spectateur bien après la projection.
Avant de se réaliser son premierlong-métrage, il s'exerce dans les publicités et les clips de ces groupes de rock préférés. En 1984, The Element Of Crime fait figure d'ovni. Premier long-métrage de Lars et premier coup de poing. Son film est une longue descente aux enfers, apocalyptique et magnifique. Il réussit avec peu de moyens à transformer Copenhague en une ville totalement méconnaissable, hors du temps et de l'espace. Il fabriqueune atmosphère poisseuse, insère des touches de surréalisme, crée un cauchemar éveillé. Il s'est inspiré pour l'esthétisme de son film de Nostalgia de Tarkovski. Et que dire du scénario ? Pour les fous de polars, un film immanquable, une manipulation mentale avec un retournement de situation imparable, un coup de théâtre qui vous hantera longtemps.
De plus le propos peut se lire sur plusieursplans : un plan purement policier, mais aussi une parabole sur l'histoire européenne, et même une réflexion sur l'Homme qui est fasciné par le mal. Lars avoue d'ailleurs «Je me suis longtemps intéressé au mal et à son esthétisme».
C'est sa première collaboration avec le scénariste Niels Vorsel. Le film en sélection au festival de Cannes où il obtient le Grand Prix de la Commission Supérieuretechnique. Le début d'une grande histoire d'amour entre le Festival et ce cinéaste.
Néanmoins malgré ce prix, le film ne reçoit pas un accueil très favorable surtout dans son pays, Lars Von Trier peine donc à trouver des financements pour ces projets. Il réalise malgré tout son rêve de cinéphile adaptant un scénario de Dreyer pour la télévision Danoise, Médéa, inspiré de la tragédie antique Médee.
Unenouvelle fois, Lars Von Trier parvient à créer une atmosphère particulière, hantée par la mort. Les plans en surimpression sont visuellement une merveille. La fin du film est d'une beauté visuelle renversante, implacable, choquante mais magnifique.
Déjà, il refuse de se réfugier dans un statut de cinéaste esthétique. Avec Epidemic en 1988, il signe son film le moins abordable : est-ce un filmexpérimental ? un documentaire déguisé ?, un road movie fantastique ?. Esthétique dogma (et oui déjà), pour ce film fourre-tout, à la fois génial et agaçant. Lars Von Trier et son acolyte Niels Vorsel se moquent des conventions du récit, du milieu du cinéma danois (une éternelle quête de la subvention), de son style (les plans à l'hélicoptère sont si exagérés qu'ils en deviennent ridicules, alors...
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