Le 18 brumaire

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Anaïs LEYMARIE

Le 18 brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, Karl Marx

A la fois philosophe, sociologue, historien, économiste, auteur du Capital et du Manifeste du parti Communiste, Karl Marx analyse dans Le 18 brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte les circonstances la chute de la IIème République. Proclamée en février 1948 après une révolution populaire contre le régime de Louis Philippe,celle-ci semble dès le départ défaillante et ne dure que quatre ans, jusqu'au coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, le 2 décembre 1851.
Karl Marx, de nationalité allemande mais s'intéressant de près à la France, publie son analyse immédiatement après le coup d'Etat dans la revue « Die Revolution » parue en mars 1852 à New York. Le « 18 brumaire » fait référence au coupd'Etat de Napoléon Ier en 1799 : le titre est déjà une reprise des idées de Marx, notamment celle selon laquelle les hommes répètent leur histoire. Mais plus qu'une analyse qui reprend sa thèse, c'est aussi un pamphlet et une satire de tous les partis qui se sont succédés pour gouverner cette république, et surtout du futur Napoléon III, que Marx semble mépriser tout particulièrement.

I/ LaIInde République est fragile et rien ne semble pouvoir la légitimer ni la stabiliser

Des mesures sociales provisoires qui provoquent une perte de confiance
Marx parle dès le départ de « faiblesse » pour qualifier régime qui se met péniblement en place, tandis que ceux qui y oeuvrent sont des « héros d'une incapacité notoire ».
En effet, cette République n'a aucune légitimité : suite ausoulèvement du peuple durant les journées de Février, elle a été proclamée, à la va vite semble-t-il par ceux que Marx appelle les « républicains bourgeois », qui constituaient l'opposition sous Louis Philippe et se sont servi de cette révolution pour prendre le pouvoir.
Ce gouvernement provisoire semble instaurer ce que Marx appelle ironiquement une « République sociale » : le suffrage universel estétabli, l'esclavage est aboli et des ateliers nationaux sont mis en place pour créer des emplois.
Cependant, toutes ces mesures sont provisoires car ce gouvernement n'est pas élu et le régime n'a pas encore de Constitution. Le suffrage universel est restreint seulement deux ans plus tard. Cette République hésitante ne peut pas gagner en crédibilité aux yeux du peuple.

L'usage de la force et de larépression par des dirigeants inquiets
Seulement trois mois après sa proclamation, le 15 mai 1848, le peuple envahit l'Assemblée car celle ci semble vouloir rétablir l'ordre bourgeois. Puis le peuple de Paris s'insurge en février contre la fermeture des ateliers nationaux : cette insurrection est réprimée dans le sang. La « République sociale » perd vite son nom, et quel que soit le parti aupouvoir, celui ci utilisera désormais la force et la contrainte.
Cavaignac s'appuiera d'abord sur l'armée en décrétant l' «état de siège » de Paris, le parti de l'ordre qui prendra le pouvoir fin 1949 fera de même, et Louis-Napoléon Bonaparte essaiera de la même manière de s'allier l'armée.
Un tel régime ne peut en réalité être qualifié de fort : c'est la peur et la méfiance qui orientent lesdécisions, comme nous pouvons le constater quand on s'intéresse à la Constitution. Peur du « désordre » d'abord, c'est à dire de nouvelles insurrection du peuple de Paris qui semble ingérable et toujours prêt à monter sur les barricades. Méfiance ensuite vis à vis de la République, car les Français n'ont pas encore une grande expérience de ce régime. Il y a également une méfiance entre les différentesidéologies politiques : la France est divisée entre républicains, royalistes (eux mêmes subdivisés entre légitimistes et orléanistes), bonapartistes, et une part du peuple fidèle à l'idéologie communiste.

Les contradictions et les faiblesses de la Constitution
Marx se moque de la Constitution qui ne cesse de se contredire. De nombreuses libertés y sont en effet proclamées : liberté de la...
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