Le beau

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  • Publié le : 13 février 2012
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« Il n'est point de serpent ni de monstres odieux
Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux »
Boileau Art poétique chant III.
Vous commenterez ce jugement sur l'objet et la fonction de l'art en vous appuyant sur des exemples précis tirés de la littérature et de la peinture.
Objet = imitation du réel
Fonction = plaisir des yeux

L'art, en tant qu’imitation du réel a comme objectifpremier de plaire mais plaire signifie aussi bien exercer un charme que provoquer un intérêt. Boileau l’affirmait dans son Art Poétique, au chant III « Il n'est point de serpent ni de monstres odieux / Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ». En ajoutant « aux yeux », Boileau met en exergue l’aspect visuel purement esthétique au détriment du plaisir d’une émotion.
Nous allons doncaborder la fonction première de l'art en tant que miroir du réel indissociable de la beauté formelle, puis nous examinerons l'art en tant que représentation picturale ou graphique d’une réalité susceptible de susciter un intérêt autre que purement esthétique. La problématique repose donc sur le sens donné au verbe « plaire ».

Dans l’antiquité grecque puis romaine, l'art a comme objetl’imitation de la nature. Le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de sa création à laquelle Vénus donne vie. Les frontières entre imagination, rêve et réalité se confondent, se mêlent étrangement.
Depuis la découverte sur la perspective de Brunelleschi, les peintres ont progressé dans leur quête de réalisme. Les œuvres de Fra Angelico, Piero della Francesca et Paolo Uccello au XV témoignent de cetterecherche de perfection réaliste. A partir du XVI, les artistes recherchent davantage la beauté que l’utilité dans leurs œuvres. Il faut peindre le réel mais uniquement ce qui charme le regard. Le beau est alors synonyme de jeunesse et de bonté alors que la vieillesse est associée à la laideur et parfois même à la méchanceté. Les Humanistes préconisent le concept du Carpe Diem en réponse à la fuite dutemps qu’on ne peut maîtriser. Ronsard compare la jeune femme qu’il aime à une rose resplendissante de jeunesse et donc de beauté mais qui est condamnée à la vieillesse et la laideur « Voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place, las, las ses beautés laissé choir ! ». Dans un autre sonnet, l’auteur renouvelle son conseil sous forme de menace « Quand vous serez bienvieille…Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ». Il faut donc « cueillir » sa jeunesse avant qu’il ne soit trop tard car la vieillesse signifie laideur, déchéance et … mort.
Le « beau absolu », prôné dans l’Antiquité et représenté par le statuaire et la peinture, devient une règle essentielle chez les artistes de la Renaissance qui semblent donner vie à des sujets issus pourtant de la mythologie. .La Vénus d'Urbino de Titien représente une femme nue aux proportions parfaites. Michel Ange humanise les traits de la vierge et du Christ dans sa Piéta. Le Bernin matérialise le rayonnement de Dieu frappant Sainte Thérèse d’Avila en sculptant la jeune femme au moment de la révélation d’une manière si réaliste que les plis de sa robe semblent agités d’une vie propre. En Allemagne, Dürer peintles animaux et les plantes avec un réalisme digne d’un naturaliste.
Là encore, l’objet premier de l’art s’apparente à la réalité mais occulte totalement la laideur. A la fin de la Renaissance, la peinture semble avoir atteint la perfection dans son imitation quasi parfaite de la nature et de l’homme dans ce qu’ils possèdent de plus beau.
Le XVII classique reprendra cette codification mais endéfinit des règles en littérature. Certes, Chrétien de Troyes brosse le portrait de Blanchefleur qui allie blondeur et beauté dans Perceval. Les contes associent beauté, jeunesse et bonté, les opposants étant tous vieux, laids et méchants mais Boileau codifie de nouvelles règles concernant la tragédie dont les actions se doivent d’être vraisemblables afin de toucher le spectateur. Le...
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