Le bestiaire comme nouvelle approche du corps ?

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  • Publié le : 23 décembre 2011
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SOMMAIRE

INTRODUCTION 2

I. DEFINITION DU CORPUS
A. Description du protocole, le support, le choix des matières. Commentaires et analyses du cheminement. 10
B. La charge expressive de la couleur des corps dans Saturne et la mélancolie de Goya et Le Bœuf écorché de Rembrandt. 15
C. Le rôle de la couleur rouge 22
D. Le papier, lapeau. 27

II. L’HOMME ET L’ANIMAL : LA PEAU COMME UNE SURFACE D’ECHANGES
A. Historique de mon travail : Pourquoi l’animal, pourquoi la peau? Projection du corps humain sur l’animal. 30
B. La sensation, l’éveil des sens, la peau comme une surface d’échanges. 37
C. La représentation animale comme une surface réfléchissante des affects. 41

III.LE DEVENIR ANIMAL DE LA CHAIR
A. le corps animal dans la peinture de Bacon et dans les performances de Gina Pane. 47
B. Vers un corps animal : Mes Chimères d’Annette Messager. 54
C. La chair animale en péril : Mes Dépouilles d’Annette Messager et les photographies d’animaux naturalisés de Bettina Rheims. 59

CONCLUSION 62BIBLIOGRAPHIE 64
TABLE DES ILLUSTRATIONS 66


INTRODUCTION

Le bestiaire comme nouvelle approche du corps ?

Le mot bestiaire apparaît au début du XII° siècle. Il désigne les ouvrages en vers ou en prose décrivant certains animaux réels, imaginaires ou légendaires interprétés symboliquement en vue d’un enseignement religieux ou moral proche de celui des fables.Aujourd’hui le bestiaire nous apparaît comme un ensemble d’œuvres d’arts ou de textes consacrés à des espèces animales.
Pourquoi fais-je des animaux ?
Mon intention première était de peindre des animaux sans autre prétention. L’animal étant à priori un sujet aussi intéressant et abordable que la représentation d‘un nu, d’un paysage ou d’un monde intérieur. C’est l’aspect sensuel et soyeux de la fourrurequi a influencé mon choix, dès le commencement du bestiaire. Et je représente des animaux car ils n’ont que les attributs de leur espèce pour dissimuler leur corps. Ils sont sans artifice vestimentaire et ils n’ont pas de visage ; leur physionomie se confond avec celle tout entière de la race qu’ils représentent.. Le temps à l’oeuvre dans mon travail a révèlé que je ne représente que des animaux enraison de l’angoisse que m’inspire la corruptibilité du corps, la fragilité de ma propre chair. Mon inquiétude provient de la menace des violences qui peuvent être faites au corps, telles que les dégradations physiques due à des actions extérieures. Le corps est périssable. L’incarnation humaine me semble être une manière d’être pris en défaut, une faiblesse, car la chair est susceptible d’êtremalmenée, dégradée. L’intégrité et l’équilibre du corps sont des paramètres instables. Je préfère donc aborder la représentation du corps, de la chair qui m’angoisse et me fascine sous la forme de représentations animales. Je me servirais de quelques références psychanalytiques tel que Freud pour mieux définir mon travail.

Comment représenter l’animal dans son rapport au corps humain ? Il y at-il de l’humain dans mes animaux ?
Si l’Homme est à l’image de Dieu peut-il y avoir de l’animal dans l’Homme ? J’ai choisi d’analyser le Saturne de Goya en raison de son ambiguïté qui confronte l’image du Dieu romain au devenir animal de sa chair. Le tableau de Goya donne à voir une sorte régression animale de la chair de Saturne. Dans la civilisation judéo-chrétienne l’homme est créé à l’imagede dieu, si la chair d’un dieu peut devenir animale, il en est de même pour l’homme.
Pour atteindre L’Homme j’utilise L’Animal auquel je fais subir l’altération la dégradation qui met à nu la chair viande. La dominance de la couleur rouge devient une sorte d’écorchure qui révèle les similitudes de la chair humaine et animale. La peau prend de l’importance dans la mesure ou elle enveloppe le...
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