Le bonheur

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  • Publié le : 17 mars 2010
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LE BONHEUR

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SOMMAIRE

1. Peut-on être heureux face à la mort, face au monde : face au temps ?

A. Le temps force l’homme à se projeter vers l'avenir

B. Mais le temps c’est aussi le passé :

2. Le bonheur comme objet du désir ?

A. L'homme apparaît dans le passage du besoin au désir, désirer c’est exister, exister c’est désirer.a. Ne considérer que ce qui dépend de notre volonté pour atteindre l’absence de troubles.

· Texte 1 : Epictète, Pensées et Entretiens, §§ VI et VII :

b. Laisser libre cours à tous ses désirs

· Texte 2 : Platon, Gorgias, § 6 et 7 :

c. Etablir une hiérarchie entre les désirs.

· Emmanuel Kant, Fondements de la Métaphysique des Mœurs.

3. Lebonheur dans l’oubli et le divertissement.

A. Est-ce l’heure de s’enivrer ?

· Texte 4 : Nietzsche Considérations inactuelles, II (1874), § 1

B. Le devoir s’oppose au désir du bonheur, le désir du bonheur s’oppose au devoir…



Si on veut donner une définition formelle du bonheur on dira d'abord que c'est une satisfaction, car on conçoit difficilement que le bonheur n’ensoit pas une.

Mais on distinguera aussi le bonheur de la joie, laquelle est momentanée et donc partielle.

Donc le bonheur serait une satisfaction complète et durable.

Le bonheur se présente ainsi non pas simplement comme un bien particulier, mais le bien suprême, sans mélange.

Donc il doit correspondre à la nature humaine.

C’est pourquoi pour pouvoir être durable il doit êtrecomplet : la satisfaction doit être aussi bien celle des sens que celle de l’esprit.

Mais un tel bonheur exigerait la paix, l'absence d'inquiétude, de troubles intérieurs et extérieurs. Absence d’inquiétude, absence de maladie, absence de maux.

On trouve alors deux difficultés :

a. En tant que nous sommes mortels et fragiles, souffrants, comment pouvons-nous espérerraisonnablement un tel bien ? N’est-ce pas purement illusoire pour un être conscient de ce qui lui arrive, du fait qu’il va souffrir et mourir ?

b. Cette même conscience n’est-elle pas par ailleurs à elle seule la source de tous nos troubles intérieurs ?

Comment la paix serait-elle possible si le trouble est intérieur à la conscience? On pensera au savoir amer de Baudelaire, c'est-à-direce savoir que l'on tire des voyages : on réalise que l’on porte toujours avec soi ses angoisses, ses troubles, ses inquiétudes : on peut tout quitter mais pas l'existence.

La conscience est en quelque sorte toujours en conflit, elle est polémique avec elle-même parce qu'elle est double : d'une part il y a la morale, d’autre part le désir qui se fiche éperdument de la morale.

On rappellerade surcroît que le désir est si déterminant qu’à être retenu il peut vite s’exprimer indépendamment de notre volonté : une fois refoulé, il peut malgré tout s’insinuer jusque dans nos paroles, nos choix et nos habitudes. Il peut même nous rendre malade : c’est la réaction psychosomatique.

Ainsi non seulement le fait d’être conscient de nos troubles physiques, de notre mortalité et de nossouffrances passées et à venir est en soi une cause de troubles intérieurs, mais EN PLUS le trouble intérieur peut générer des troubles extérieurs (cancers, maladies digestives, infarctus et même la dépendance à certaines drogues comme la nicotine).



Le bonheur dans la paix est donc bien compromis pour une existence. Le problème est ici posé. Tentons de déterminer les CONCEPTS qui sont au fondde ce problème :

1. Peut-on être heureux face à la mort, face au monde : face au temps ?
L’homme est l’être qui sait qu’il va mourir : il est, mais il sait qu’il ne sera plus. Selon Heidegger l’homme a d’un côté le privilège de saisir le monde, de se l’approprier et de le configurer à sa guise. Mais d’un autre côté ceci a comme conséquence NECESSAIRE d’en faire un être qui se...
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