Le boulangisme

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  • Publié le : 4 avril 2011
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Le boulangisme
Introduction :
La Troisième République, qui commence en 1870 et se poursuit jusqu’en 1914, connaît des périodes de crise particulièrement marquantes dans l’histoire de la République. Ainsi, la période 1885-1899, qui s’ouvre au départ de Ferry et s’achève avec le second procès Dreyfus (1899) est une séquence très troublée de la IIIeme. A l’origine du Boulangisme, il y a lesélections de 1885, qui laissent apparaître trois groupes à peu près égaux (radicaux, opportunistes, conservateurs), ce qui rend difficile l’émergence d’une majorité. A cela s’ajoute le mécontentement général qui ne fait que s’accroître face aux limites du système parlementaire mis en place en 1870 (des réformes sociales jugées trop limitées), et face à la politique étrangère des opportunistes. C’estalors la gauche qui éprouve un sentiment d’impuissance exacerbé et douloureux face à l’Allemagne, et c’est en son sein que se forme un puissant courant d’opinion qui associe « la fondation de la République, l’exaltation de l’Armée, et la volonté de forger une conscience civique nouvelle dans un patriotisme intransigeant » (Démier page 349). La République trouve alors l’image d’un pouvoir fort en lapersonne du général Boulanger, nommé ministre de la Guerre par Freycinet, alors chef du gouvernement.
Face à une opinion perçue comme un « amalgame d’ambitions contradictoires » et qui ne parvient pas à formuler un véritable projet politique, quelle réponse apporte le mouvement qui se cristallise dans la personnalité du général Boulanger ?

I-Naissance du Boulangisme
A-Aux antipodes, un contextepolitique difficile
Les élections législatives de 1885, qui surviennent en pleine période de crise économique et sociale, ne redonnent pas aux opportunistes la confortable majorité qu’ils avaient conquise. Ils sont en effet très concurrencés par les radicaux, et par les droites, qui, parvenues à une union, se renforcent. Les républicains s’assurent la majorité au second tour. Néanmoins, laChambre dispose de trois forces à peu près égales : les opportunistes, les radicaux, et la droite. Il n’y a plus de majorité claire : ce que retient alors l’opinion publique, c’est que la République est confrontée à une instabilité gouvernementale qui affecte son image dans un moment de grande fragilité où les classes moyennes doivent faire face à de nombreuses difficultés, où le chômage et ladéception face à une République qui s’embourgeoise atteignent la population. Les réformes sociales menées sont jugées insuffisantes, il en est de même quant au sujet de la lutte contre l’Eglise, jugée trop peu énergique selon les radicaux. A tout cela s’ajoutent de nombreuses « affaires » qui relèvent les limites de la morale républicaine prônée par les pères fondateurs. Ainsi, l’année 1887 est occupée parle scandale des décorations : le gendre du président Grévy trafique la légion d’honneur, ce qui conduit Grévy à sa chute. Son remplacement par Sadi Carnot affaiblit encore davantage le régime. Dès 1885, face à cette crise de confiance, la République opportuniste de Gambetta et Ferry paraît donc usée.
B-L’espérance dans un nouveau mouvement : le boulangisme
Dans cette crise, les socialistes sontencore trop peu nombreux pour catalyser le mécontentement, et la droite n’est pas assez populaire pour attirer vers elle une partie du peuple républicain. C’est donc dans le radicalisme que naît le « boulangisme », qui finit par se distinguer de ses racines radicales quand il se cristallise sur une ligne populiste et nationaliste. Cela semble logique, puisqu’en effet, c’est au sein de la gaucheque le sentiment d’impuissance à l’égard de l’Allemagne est le plus sensible. Il faut poser la question d’un redressement de la France face à l’Allemagne. En janvier 1886, quand Freycinet, à la tête du gouvernement, nomme Boulanger ministre de la guerre, il existe déjà un courant d’opinion dans lequel se réalise l’amalgame d’ambitions contradictoires ; amalgame qui s’exprime dans le refus d’une...
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