Le bruit dans la musique

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2215 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 août 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
De la musique au son :
La musique au service du son dans le cinéma muet

Introduction

Pour faire une analyse de la relation entre musique et son pendant la période du cinéma muet, il est de rigueur de commencer par définir ce qu’est le cinéma dit « muet ».
Le cinéma muet est composé d’images qui défilent sans son ni parole. Mais très vite celui-ci devient sonore. En effet, lesprojectionnistes et propriétaires de salles cherchent à rajouter des sons (bruitages), des bonimenteurs et des musiciens en direct. Le cinéma sonore allie donc images en mouvement et son.
Le cinéma parlant, quant à lui, n’est qu’une composante du cinéma sonore. En effet, « sonore » ne signifie pas obligatoirement « parlant ». Cette évolution sonore n’arrivera qu’à la fin des années 20, avec l’un despremiers films Le Chanteur de Jazz.

Ce dossier a pour but de montrer l’importance du son, implicite ou explicite, dans le cinéma muet, à travers l’analyse du son dans la salle et dans l’image, ainsi que par la relation entre musique et bruit.

I. Le son s’entend et se voit…

La plupart de nos contemporains n’apprécient pas un film muet à cause de l’absence de son. Pour eux, des images quidéfilent sans que nous puissions entendre les dialogues, les bruits de pas, d’objets qui tombent ou de voitures, est très ennuyeux.
Or, une étude récente faite par Isabelle Raynauld, professeure adjointe en études cinématographiques, a démontré que le cinéma dit « muet » ne l’est pas.
En effet, le son est présent physiquement dans les images et sert la narration de l’histoire.
L’exemple le plusflagrant de ce début de siècle est sans nul doute le réalisateur Georges Méliès. En effet, bien que la technique de l'époque n'ai pas encore permis l'introduction du son, la présence, la fonction et la représentation de mille et un éléments sonores étaient décelables autant dans les scénarios de l'artiste que sur l'écran.
Dans son étude de l’œuvre complète de Georges Méliès, Isabelle Raynauld adécelé la présence physique du son, dans pas moins de 60 films du réalisateur. Nous prendrons comme exemple les plus connus, comme Cendrillon et Le diable au couvent.
Méliès était le précurseur du montage d’idées, comme le fera plus tard Eisenstein, dans des films comme La Grève. La séquence de la révolte ouvrière est structurée par la répétition comme un leitmotiv d’un gros plan de sirène d’usineen action. Cette séquence rappelle que le son est toujours présent et d’autre part, l’image devient un refrain qui va donner toute son unité à cette scène plutôt chaotique.
Le principe du montage d’idées est d’associer deux images pour en créer une troisième. Ce montage pourrait être résumé ainsi : A + B = C. Méliès est donc l’annonciateur de ce montage, en montrant la source du bruit qu’il veutque le spectateur s’imagine.
Dans le film Cendrillon, Méliès met l’accent sur l’horloge qui rappelle à Cendrillon qu’elle doit rentrer. Pour que le spectateur prête attention à celle-ci sans entendre le son, Méliès n’a d’autre choix que de faire apparaitre plusieurs horloges dansantes pour finir sur une horloge géante au milieu du cadre.
Dans Le diable au couvent, Lucifer sonne des cloches,geste qui fait accourir les religieuses à la messe. Si le spectateur n'entend pas les tintements, il se représente le bruit grâce aux images. Et dans le scénario, cette scène donne une tournure à l'histoire.

Un exemple du son présent dans les images : les dialogues. En effet, nous nous sommes tous posé la question, au moins une fois, « dises-t-ils vraiment les répliques du scénario ? ». PourRoger Odin, l’absence de son « ne signifie pas absence de relations images-sons ».
Isabelle Raynauld a fait l’expérience avec quelques rares films dont nous possédons les scénarios et une personne mal entendante. Et en effet, les acteurs se donnent les répliques des scénarios. Il y a donc des paroles et des bruits, mais on ne les entend pas. D’où l’expression « cinéma sourd », utilisée dans...
tracking img