Le calcul des plaisirs

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  • Publié le : 18 décembre 2010
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LE TEXTE A EXPLIQUER

Et c’est pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c’est lui que nous avons reconnu comme le bien premier et connaturel , c’est en lui que nous trouvons le principe de tout choix et de tout refus, et c’est à lui que nous aboutissons en jugeant tout bien d’après l’affection comme critère. Et parce que c’est là le bien premieret connaturel , pour cette raison aussi nous ne choisissons pas tout plaisir, mais il y a des cas où nous passons par-dessus de nombreux plaisirs, lorsqu’il en découle pour nous un désagrément plus grand ; et nous regardons beaucoup de douleurs comme valant mieux que des plaisirs quand, pour nous, un plaisir plus grand suit, pour avoir souffert longtemps. Tout plaisir donc, du fait qu’il a unenature appropriée à la nôtre, est un bien : tout plaisir, cependant, ne doit pas être choisi ; de même aussi toute douleur est un mal, mais toute douleur n’est pas telle qu’elle doive toujours être évitée. Cependant, c’est par la comparaison et l’examen des avantages et des désavantages qu’il convient de juger de tout cela. Car nous en usons, en certaines circonstances, avec le bien comme s’il étaitun mal, et avec le mal, comme s’il était un bien.

Epicure, Lettre à Ménécée. PUF, 1987, 8ème édition « épiméthée », novembre 2009.


PRESENTATION DE LA SEANCE

Rappel de la dernière séance sur les quatre conditions du bonheur:
Ce texte est un extrait de la Lettre à Ménécée, écrite par Epicure au 3ème siècle avant JC. Dans cette lettre, Epicure présente les quatre conditions du bonheur,à savoir l’absence de crainte des dieux, l’absence de crainte de la mort, la régulation des désirs par la prudence et enfin la capacité d’endurer la douleur. Mais Epicure termine la lettre avec la condition suprême du bonheur : la liberté. Dans les séances précédentes, nous avons déjà expliqué certaines parties de la lettre comme la nécessité de philosopher, qu’on soit jeune ou vieux, nous avonsaussi expliqué les deux premières conditions du bonheur. Aujourd’hui, nous allons étudier cet extrait « le calcul des plaisirs » qui concerne la troisième condition du bonheur : la régulation des désirs par la prudence.

Lecture du texte par un élève désigné
Vous avez déjà lu ce texte pour préparer les exposés en groupe. Qu’est-ce vous comprenez de ce texte, de quoi parle-t-il ?
Réponse dequelques élèves et enchaînement du professeur.

PROBLEMATIQUE DU TEXTE

Thème : Dans ce texte, on parle du rapport entre le plaisir et le bonheur.

Le problème que soulève ce texte : Ce texte soulève le problème suivant : Le plaisir, synonyme de jouissance, est un état agréable qui donne de la joie, de la satisfaction. Pourtant, certains plaisirs qui procurent une satisfaction immédiateconduisent au malheur. Alors, le plaisir, parce qu’il est un bien, doit-il être systématiquement choisi ? Mais, n’est-il pas contradictoire de dire que le plaisir procure le bonheur (un absolu) et en même temps affirmer qu’il faut refuser certains plaisirs ?

Thèse : A cette question, Epicure répond : non, il n’y a pas de contradiction. Car certains plaisirs, en eux-mêmes bons, ont pour conséquence plusde douleur ou malheur. Donc, il faut au préalable effectuer un calcul pour distinguer et choisir les plaisirs qui procurent le bonheur, et éviter les plaisirs qui conduisent à une vie malheureuse.

Les étapes de l’argumentation de l’auteur. Pour développer sa thèse, l’auteur avance les idées suivantes :
a) Dans un premier moment, « Et c’est pourquoi […] comme critère», l’auteur exprimel’idée que le plaisir est le principe et en même temps le but final d’une vie bienheureuse, c’est lui qui nous guide dans nos choix pour atteindre le bonheur qui est le bien suprême.

b) Puis, dans la deuxième partie : « Et parce que c’est […] toujours être évitée. », l’auteur soutient que pour atteindre le plus grand plaisir (le bonheur), conforme à notre nature, parfois nous nous privons de...
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