Le capitalisme financier en question

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  • Publié le : 10 janvier 2011
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Sujet : Le capitalisme financier en question ?

La crise que connaît l’économie mondiale depuis quelques mois apparaît comme la plus grave depuis la grande dépression (crise de 1929), ce qui pose inévitablement la question de la nature du capitalisme après la crise. Avant d’envisager si la crise des subprimes doit être analysée comme un moment de mutation d’un système économique, il estsouhaitable de s’interroger sur la relation entre capitalisme financier et gouvernance des entreprises.

Le capitalisme financier en question ?
Il apparaît que la crise financière que nous traversons relève de défaillances dans le capitalisme financier, et ce à plusieurs niveaux. Nous analyserons l’évolution de la gouvernance des entreprises pour ensuite s’intéresser au mécanisme d’apparitions de lacrise des subprimes. Enfin, nous analyserons les pistes nouvelles permettant de corriger les dysfonctionnements de ce système.

I.La relation entre capitalisme financier et gouvernance des entreprises

1. La conception traditionnelle de la gouvernance : le « fordisme »
A l’origine, la gouvernance des entreprises était confondue avec sa propriété. Ainsi, les propriétaires de moyens deproduction étaient également les dirigeants. Dans un régime capitaliste, le mobile principal de l’activité économique est la recherche du profit qui trouve sa contrepartie dans le risque. Cependant, l’idée première des entrepreneurs et donc des propriétaires était de construire de développer l’entreprise dans une logique de croissance et d’accumulation du capital. Par ailleurs, on privilégiait le partagedes gains de productivité avec les salariés et le réinvestissement des profits. Ce système, réunissant propriétaire et dirigeant permettait d’éviter les conflits d’objectifs, ces derniers apparaissant avec l’essor des marchés financiers et la titrisation du capital de l’entreprise. Les chocs pétroliers (1970), dans un climat d’inflation et de faible croissance, ont mis fin à cette conception deproductivité maximum.

2. L’évolution : vers un mode de gouvernance « actionnariale »
Avec l’essor des marchés financiers, la propriété s’est dispersée, entrainant l’apparition de conflit d’objectif entre les propriétaires (actionnaires) et les dirigeants de l’entreprise. Avec une politique de dérèglementation des marchés du système financier, une augmentation considérable des profits desentreprises a pu être constatée. L’attrait du gain a encouragé les propriétaires à rechercher la rentabilité maximale de leurs investissements. Cet objectif diffère de celui des dirigeants qui est de maximiser la croissance des entreprises. On observe alors l’apparition de nombreux investisseurs, intégrant le capital des sociétés et ayant un nouveau rôle de scrutateur et d’évaluateur des performances desdirigeants. Ces derniers sont alors contrôlés par le conseil d’administration et leur marge de manœuvre diminue considérablement au profit de la rentabilité des investissements. De plus, des outils comme les stocks options encouragent les dirigeants à répondre aux attentes de l’actionnariat.

3. Les limites de ce mode de gouvernance
L’essor de ce mode de gouvernance s’est alors traduit par unemontée en puissance du marché boursier. L’activité des entreprises s’est même parfois détournée complètement du savoirfaire initial. Dans le cas d’Enron par exemple, plus des 2/3 de son résultat reposait sur les innovations et l’ingénierie financière, laissant peu de place à son activité première, l’énergie.

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Le capitalisme financier en question ?
Ainsi, les dirigeants se sont détachésde l’intérêt propre de l’entreprise. Ces mécanismes ont par ailleurs inévitablement engagé une croissance de l’endettement. Cette évolution vers les marchés boursiers aura créé l’apparition de comportement irrationnel : les acteurs cherchent à anticiper l’opinion des autres acteurs boursiers, en se désintéressant de la capacité réelle des entreprises à dégager des flux de profit. Ainsi, le...
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