Le capitalisme financier

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  • Publié le : 2 janvier 2011
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Critiques du terme

Le terme de capitalisme financier est critiqué pour son absence de sens. Ainsi, l'économiste Georges Lane considère qu'il n'est qu'un pléonasme, le capitalisme étant par essence basé sur le capital et donc le capital financier. (Voici un bel exemple de "généralisation hâtive" ; confondons deux choses puis poursuivons comme si de rien n'était ; renforcé par un argumentd'autorité "Georges Lane" ; s'il fallait citer tous les grands économistes, on arriverait probablement à prouver que 0 = 1 !)

En outre, la finance est une activité de services comme une autre (encore un exemple de "confusion hâtive" ; non tout n'est pas équivalent, même si ça portait le même nom !) et distinguer économie réelle et économie financière manque de sens (Source).

Pour contrebalancer lasource précédente, l'article de Jean Claude Werrebrouck : La crise globale des années 2010 est très intéressant. Il montre que tous les biens ne sont pas identiques. Ceux de l'"économie classiques" (même capitaliste) sont tels que l'offre et la demande autorégulent le système vers un équilibre (toujours changeant) alors que ceux "financiers" sont aux contraires instables car sans mécanismes derégulation.
La domination du capitalisme financier : genèse

S’il faut dater le début de cette évolution avec précision, c’est de 1971, avec la fin de l’étalon-or pour les monnaies, la remise en cause des accords de Brenton Woods, et l’ouverture aux échanges de capitaux spéculatifs sur les monnaies. C’est à partir de cette date que la question de la fluidité des capitaux est devenue vitale : lesprofits générés par les placements spéculatifs sur les monnaies ont généré de fait une masse de capitaux flottants prêts à se fixer sur des marchés financiers différents. La place prépondérante du dollar comme référence mondiale date de cette époque et a permis aux Etats-Unis d’instituer durablement un prélèvement massif de capitaux sur le monde entier pour financer leurs déficits, ce qu’on aappelé le tribut impérial. La pression politique exercée par la flexibilité des taux de change a été manifeste dans de nombreux pays qui ont dû, modifier leurs politiques pour éviter la fuite des capitaux et la dévaluation de leur monnaie, à l’instar de la France de 1982 et du tournant de Mitterrand sur cette question. La dépendance de tous les pays du Sud vis à vis des capitaux placés sur leur monnaieest toujours présente, comme on le voit au Brésil. L’institution de l’euro constitue de ce point de vue un rempart , certes tardif, mais efficace contre le chantage à la fuite des capitaux.

Mais pendant cette période, les capitaux spéculatifs ainsi générés ont fini par gagner l’ensemble de l’économie et par lui imposer leurs propres principes. Ils ont été aidé en cela par la crise pétrolière,qui a rendu furieuse la spéculation sur les marchés des matières premières. Ils ont aussi été aidés par la victoire de M. Thatcher en Grande-Bretagne suivie de celle de Reagan aux Etats-Unis qui ont ensemble tout fait pour démanteler toutes les régulations économiques qui pouvaient aller à l’encontre de la fluidité du capital. L’affrontement délibéré avec les forces restantes du mouvement ouvrier (les mineurs en GB puis les contrôleurs aériens aux USA) a conduit non seulement à l’affaiblissement durable des syndicats mais à des licenciements massifs qui n’ont fait que continuer depuis. Les années 1980 verront s’accélérer cette tendance à la domination financière au point d’aboutir au krach de 1987. C’est à ce moment que la logique des bulles est apparue, logique qui est intrinsèque aucapitalisme financier et qui s’est reproduite sur les banques asiatiques en 1997, sur les valeurs technologiques en 2000 (la bulle internet) et qui ne tardera pas sur le marché immobilier mondial ainsi que sur les valeurs des biotechnologies.

C’est cela qu’il convient d’analyser pour comprendre dans quel capitalisme nous vivons et quels sont les leviers d’action véritables contre une telle...
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