Le capitalisme

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  • Publié le : 3 avril 2011
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Qu'est-ce que le capitalisme ? Le capitalisme est-il compatible avec l'exigence de justice sociale ? Allons- nous vers un capitalisme mondial ? Voilà quelques-unes des questions qui ont cristallisé au cours de ces deux derniers siècles les principaux débats autour du capitalisme. Contradictoires, les réponses que ces questions ont reçues ont également évolué dans le temps.
Qu'est-ce que lecapitalisme ?

Aujourd'hui encore, la notion de capitalisme est discutée et source de malentendus. Sa définition se heurte à au moins quatre difficultés.

Un concept et une idéologie. D'un côté, c'est un concept qui sert à décrire un mode de production.

De l'autre, le suffixe en « isme » l'assimile à une idéologie au même titre que le socialisme auquel il a été d'ailleurs traditionnellementopposé ; en ce sens, il peut être utilisé comme « mot de combat » selon la formule de François Perroux.

Une réalité complexe. Pour les uns, le capitalisme est un phénomène essentiellement économique qui peut être analysé indépendamment de la sphère sociale, comme le pense par exemple F. Perroux (Le Capitalisme, 1948, Puf, « Que sais-je ? »). En cela, le capitalisme se définirait en oppositionavec le socialisme, caractérisé, lui, par le primat du politique sur l'économique. Pour d'autres, le capitalisme est loin de se réduire à l'économique. Joseph Schumpeter va jusqu'à suggérer de l'étudier comme une civilisation. Chez Fernand Braudel, le capitalisme ne couvre pas toute l'économie mais en constitue l'« étage supérieur », au-dessus de la civilisation matérielle et de l'économie demarché. D'autres encore nient l'existence d'un capitalisme « comme une réalité sociale existant en soi et pourvue d'une sorte d'autonomie, de capacité d'autodétermination, obéissant à des lois de fonctionnement et de développement propres »(1).

Un objet en perpétuel changement. Une autre source de difficultés tient aux changements permanents que connaît le capitalisme. Comme l'explique l'économisteMichel Beaud, « Loin d'être une réalité figée, un cadre rigide, un ensemble de rapports stables, le capitalisme est une dynamique et auto-transformatrice à l'oeuvre de manière incessante »(2). Cette caractéristique avait été soulignée dès l'abord par Marx ou Schumpeter. D'où la difficulté d'identifier le capitalisme sous des traits définitifs. D'où aussi la déclinaison des épithètes qui lui ontété accolés (marchand, industriel, postindustriel...).

Une multitude de réalités. Enfin, le capitalisme recouvre différentes réalités : l'accumulation du capital mais aussi la propriété privée, la coordination par le marché, les relations marchandes, le salariat... Tous les penseurs ne s'accordent pas sur l'importance de chacune de ces caractéristiques, même si l'idée de processus d'accumulationillimitée est dans la plupart des définitions.
Capitalisme et justice sociale sont-ils conciliables ?

Cette question a opposé et continue d'opposer trois grandes traditions de pensée, l'une encline à considérer que le capitalisme est dans son essence une source d'inégalités et doit donc être dépassé (socialisme révolutionnaire), l'autre pensant au contraire qu'il profite au plus grand nombre(libéralisme) ; celle enfin pour qui le capitalisme peut être régulé, encadré : la tradition social-démocrate apparue dans l'entre deux guerres et le libéralisme social. Dès le xixe siècle, des libéraux réformistes comme J.S. Mill considèrent qu'il est possible de corriger les abus du capitalisme.

De fait, son développement est allé de pair à partir du xixe siècle avec la mise en placeprogressive d'une législation sociale. Dès les années 1870, durant l'ère bismarkienne, l'Allemagne adopte les premières lois sociales. Suivra l'adoption en France de lois limitant la durée du travail des enfants, des femmes puis des ouvriers. A partir de l'après-guerre, la mise en place d'un Etat-providence aux Etats-Unis (à travers le New Deal), en Angleterre (rapport Beveridge) puis dans les pays...
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