Le cenacle romantique

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  • Publié le : 21 mars 2011
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Université de Belgrade
Faculté de Philologie Belgrade, le 11 février 2011.
Chaire de français

Le cénacle romantique

Etudiante: Professeur:
Milica ŽivanovićMme Branka Geratović

Le terme cénacle présente une innovation du XIXe siècle, et est indissociable de l'histoire du romantisme. D’abord, on va voir à quoi se réfère exactement ce terme et quels sont les événements historiques et sociales qui ont favorisé son apparition.

Les cénacles ont apparu au XIXe siècle comme des nouvelles formes desociabilité. En effet, il s’agit que, après la Révolution, les conditions sociopolitiques ont changé : le mécénat et le clientélisme d’Ancien Régime ont disparu, l’écrivain se libère de la dépendance de l’aristocratie et cherche d’autres formes d’affirmation de son statut, de promotion et de diffusion de son œuvre. Apparaît ainsi la « réclame » par voie d’affiche, puis par voie d’une presse dont lacollusion avec la littérature ne va cesser de se développer tout au long du siècle. Une telle situation a ouvert l’éspace pour la naissance de cette forme de sociabilité, perçue comme un véritable communauté d’intérêt.

Selon la définition de l’édition de 1932 du Dictionnaire de l’Académie française, le cénacle est la « réunion d’un petit nombre de personnes ayant les mêmes idées, les mêmesgôuts, professant surtout les mêmes théories artistiques, littéraires, philosophiques»[1] .
Il a joué la rôle essentielle dans la création des idées du Romantisme aussi comme dans leurs diffusion. Les doctrines du Romantisme se sont élaborées avant tout au sein de ces petits groupes réunis dans des petits salons ou des salles de rédaction.
On voit que le cénacle se présente, par opposition aumonde des salons, comme un cercle de grands ésprits purs, comme une union unique d’êtres d’élite, travaillant ensemble à leur grand oeuvre, dans le domaine de la science, celui de l’art, et celui de la poesie, réservé, cependant, pour petit nombre de membres ce qui implicite la relative clôture du cercle. On doit mentionner que cet aspect a été jugé prépondérant par tous les détracteurs ducénacle parmi lesquels le plus ardent était Latouche, qui attaque sévèrement cette sorte d’union dans son article « De la camaraderie litteraire ». Depuis la publication de cet article, nombreux sont ceux qui ont assimilé le cénacle à une « secte », et les cénaclièrs à des « camarades ».[2]

Outre le Cenacle de Hugo (1827-1830), qui fait office de cénacle de référence, il faut citer pour l’âgeromantique aussi l’Abbaye aux bois où, autour de Madame Récamier et de Chateaubriand,
se réunissent quelques jeunes écrivains dont Hugo et Lamartine qui y lit les Méditations. Puis l’Arsenal dont le bibliothècaire Charles Nodier fait à partir de 1824 un lieu de rencontre que fréquentent les habitués du journal La muse francaise comme Hugo, Emile Deschamps, Vigny, Dumas, Nerval... Et aussi lePetit cénacle où on trouve ceux qu’on appelle parfois les petits romantiques Petrus Borel, Alphonse Brot, mais aussi Alexandre Dumas ou Nerval, et le Doyenné où recoit le peintre Camille Rogier avec Nerval et Gautier.
Les divers groupements ou cénacles sont composés à partir d’affinités littéraires autant que de convictions politique. Une ligne de partage sépare par exemple, les conservatersdes liberaux. Ainsi l’Arsenal réunit-t-il une jeunesse royaliste en majorité, plus précisement ceux qui, tout en réstant fidèles à la monarchie, souhaietent que la littérature aille de l’avant, pendant qu’un salon comme celui d’Etienne Delécluze réunit les jeunes libéraux, disciples des idéologues du XVIIIe siècle, les écrivains aussi comme les érudits et voyagers.

Après avoir exposé...
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