Le chene et le roseau

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Le chêne et le roseau
Jean de la Fontaine
Introduction

Jean de La Fontaine, au XVIIème, utilise ses fables moralisées pour dénoncer abus et états de la société. Son appartenance au milieu de la nature lui fournit de nombreuses idées - il a été maître de Eaux et Forêts -, et lui permet, avec une facilité étonnante de personnifier animaux et végétaux en vue de les rendre actuels à lasociété, de refléter les idées.
De plus, son expérience du protectorat de Fouquet, arrêté de force par Louis XIV, lui confère les possibilités d’énoncer et de traiter inlassablement de la "Loi du plus fort", d’où il puise la plus grande partie de ses idées.
Enfin, sa morale constitue un des piliers de ses fables, même quand celle-ci n’est explicitée.
Le caractère très austère de la fable Le chêne etle roseau vient du fait qu’elle ait été écrite dans le 1er livre, sa période de fable égayée n’intervenant qu’après.

Lecture de la fable

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Lu par René Depasse - source : litteratureaudio.com

|Le chêne et le roseau
||Le Chêne un jour dit au Roseau :
|" Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
|Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
|Le moindre vent, qui d’aventure|Fait rider la face de l’eau,
|Vous oblige à baisser la tête :
|Cependant que mon front, au Caucase pareil,
|Non content d’arrêter les rayons du soleil,|Brave l’effort de la tempête.
|Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
|Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
|Dont je couvre le voisinage,
|Vous n’auriez pas tant àsouffrir :
|Je vous défendrais de l’orage
|Mais vous naissez le plus souvent
|Sur les humides bords des Royaumes du vent.
|La nature envers vous me semble bien injuste.
|- Votre compassion, luirépondit l’Arbuste,
|Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
|Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
|Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
|Contre leurs coups épouvantables|Résisté sans courber le dos ;
|Mais attendons la fin. " Comme il disait ces mots,
|Du bout de l’horizon accourt avec furie
|Le plus terrible des enfants
|Que le Nord eûtportés jusque-là dans ses flancs.
|L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
|Le vent redouble ses efforts,
|Et fait si bien qu’il déracine
|Celui de qui la tête au Ciel était voisine...
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