Le cid

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  • Publié le : 22 mai 2011
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COMMENTAIRE COMPOSE SUR :
Autorité politique de DIDEROT.

Introduction :

Lancé dès 1746 dans la colossale entreprise de l’encyclopédie, dont il fut le maître d’œuvre au cote de d'Alembert qui renonça en 1758, Denis Diderot vient à bout de sa tache en 1772 avec la publication du 28ème et dernier tome. Il avait entre temps essuyé de nombreuses tempêtes avec en particulier l’arrêtdu conseil d’état de 1759 qui révoquait le privilège de son dictionnaire et le condamnait au remboursement des souscripteurs.
On peut aisément juger de la haine qu’a pu susciter la publication de cet ouvrage notamment dans le parti dévot en examinant le présent extrait qui appartient a l’un des articles les plus agressifs envers la religion et l’état et fut publié dans le tome I des1751 . Dans ce fameux article, Diderot s’interrogeant sur les sources du pouvoir a successivement évoque « la puissance paternelle » naturellement limite par la majorité des enfants et la loi du plus fort qui trouve ses limites dans un éventuel renversement du rapport des forces. Il lui restait a envisagé le pouvoir issue du consentement ou du contrat, notion déjà présente chez Locke et dontRousseau onze ans plus tard fut le titre de son célèbre ouvrage : contrat social (1762).
Désireux de définir la notion de puissance consentie, Diderot en vient naturellement à souligner la nécessité absolue d’y limiter le pouvoir du prince. Se faisant, il glisse résolument vers la condamnation de la monarchie absolue de droits divin.
On envisagera d’abord la démarche qu’il a choisie, pournous intéressé ensuite au ton qu’il a adopté.

I) La démarche.

Ce qui fait de cette page un chef-d’œuvre d’habileté politique c’est en premier lieu le recours à une ruse extrêmement efficace qui consiste à présenter la monarchie absolue du droit divin, comme un pur et simple sacrilège. En se faisant, en effet l’avocat « de D. dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature » Diderotdont le public connait l’athéisme. Depuis la publication des pensées philosophiques (1746) et de la lettre sur les aveugles (1749) opère une manœuvre d’encerclement digne des plus grands stratèges. Des les premières lignes du texte comme attendu, l’auteur insiste sur la notion de limite dont le lexique sature presque l’expose (« conditions » ; « usage légitime » c.à.d. conforme au contrat établit ;« fixent » ; « restreignent » ; « entre des limites ») ; la raison invoquée au détour des lignes suivantes, est non seulement inattendue mais tactiquement imparable. On sait qu’une bonne définition de l’ironie notamment proposée par Vladimir Jankélévitch consiste a assimiler cette technique a l’envahissement du coup de l’adversaire dont on retourne du même coup les armes contre lui : c’estprécisément le jeu auquel se lie ici Diderot en soutenant que « D.ieu est un maitre aussi jaloux qu’absolue ( il n’invente pas le terme de jaloux mais l’emprunte a la Bible ) et que « tout autre soumission » que la «  subordination » nécessaire au «  bien commun » (…) est le véritable crime d’idolâtrie.

La démarche est claire : Bossuet, dans sa politique tirée de l’Evangile (1670) avait théorisé etjustifie la monarchie absolue, en présentant le roi de France comme un « lieutenant de D.ieu » ; Diderot, lui réplique en faisant de la surenchère sur son propre témoin et utilise son propre langage ; et si les lecteurs sont surpris, l’ennemi (le parti Dévot) est lui incontestablement pris au piège par la dialectique de l’auteur.

Mais D.ieu ne s’en tient pas la car soucieux tout a coup de semontrer nuance, il appelle a la rescousse (l.16) un allie inattendu à la personne de Pascal. Ce dernier, en effet sur la condition des Grands, avait introduit dans ses Discours une distinction entre «  les grandeurs d’établissements » et « les grandeurs naturelles » : le jeune duc auquel Pascal s’adressait, était invite à ne pas confondre : «  les cérémonies extérieurs » qui méritent tout au plus...
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