Le cinéma français (1895-1914) : un loisir populaire

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  • Publié le : 26 avril 2010
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LE CINÉMA FRANÇAIS (1895-1914) : UN LOISIR POPULAIRE

Dès son invention par les frères Lumière en mars 1895, le Cinématographe s'annonça comme un véritable phénomène de société. Aux enthousiasmes initiaux succédèrent des polémiques passionnées. L'incendie du Bazar de la Charité à Paris le 4 mai 1897 en fut une parfaite illustration. Pendant cette kermesse mondaine organisée parles dames de la haute société au bénéfice des pauvres, une projection défila. Au cours de cette projection, une erreur de manipulation déclencha un incendie où plus d'une centaine de personnes trouvèrent la mort. Les autorités religieuses en profitèrent pour fustiger le danger des progrès d'une science qui se développait hors des lumières de la religion. La bourgeoisie vit dans ce châtiment lajustification de son mépris à l'égard de ce divertissement grossier, de cette attraction de foire.
Le cinéma était en effet dès ses origines accessible aux classes populaires, tandis que le théâtre était encore associé à l'élite locale. Nous nous sommes intéressés sur les raisons qui ont permis sa fleuraison dans les milieux les plus difficiles, et surtout sur l'impact qu'il a pu avoir sur lavie des gens issus de ces couches défavorisées. Enfin, nous avons voulu montrer que le cinéma, à la fois une industrie et un art, a su s'adapter à son public et réussir le pari de conquérir une clientèle de plus en plus large et de plus en plus fidèle.

Alors que quiconque aurait pu penser que le cinéma, parce que c'était un art nouveau et plus onéreux que le théâtre en raison de sescoûts de production, serait à sa naissance un loisir de luxe, il n'en était rien.
Les améliorations des conditions de travail de l'époque : journée de huit heures, repos hebdomadaire, augmentation des salaires … donnèrent du temps et de l'argent aux ouvriers pour s'accorder un loisir. Le prix attractif d'une séance de cinéma de 1 franc pour assister au défilement d'imagescapturées dans la réalité, phénomène extraordinaire et révolutionnaire pour les esprits de l'époque, firent du cinéma, parmi d'autres, ce loisir. Le prix était bas car les films tournés au tout début étaient simples, tournés dans la rue avec des techniciens du cinéma et non pas des acteurs, et puis courts : ils ne duraient que quelque dizaines de secondes.
En effet, le cinéma à sescommencements, entre les mains des frères Lumière, tournaient des scènes de la vie populaire. Les gens pensaient halluciner quand ils retrouvaient leur propre rue à l'écran. Ils étaient même prêts à payer deux fois pour regarder deux fois de suite le même film tellement ils étaient fascinés par ces tableaux en mouvement. Les films s'adressaient aux «  gens de tous les jours ». Les paysans aussi devinrentfriands de ces court-métrages et des salles de cinéma commencèrent à s'improviser dans les campagnes. À elles d'eux, la classe des ouvriers et celle des paysans constituaient environ 75 % de la population. Le cinéma avait donc tout intérêt spéculatif à être orienté vers les classes populaires pour se développer.
Le cinéma était aussi un lieu de brassage social. Les paysansdevaient souvent venir en ville pour visionner des films. Là, dans une même salle, ils côtoyaient les ouvriers industriels, mais aussi les fonctionnaires d'État comme les instituteurs ou encore les ingénieurs. Espace convivial, le cinéma jouait un rôle social. De même, l'exposition universelle de Paris en 1900, les festivals ou encore les prix du cinéma, qui firent leur apparition par la suite,concoururent à célébrer ce nouveau monde et à entretenir l'engouement populaire.

Maintenant, il faut considérer que le visionnement de ces métrages avaient un impact dans la vie culturelle du peuple. Le cinéma était une riche source d'informations à l'époque qui permettait aux gens de se tenir au courant de l'évolution de leur société.
D'une part, les frères Lumière...