Le classicisme

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  • Publié le : 1 avril 2011
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Document proposé par Bernard Théry Lycée St Rémy ROUBAIX bthery@nordnet.fr
LE CLASSICISME

Le génie français a réagi très tôt (contre le baroque, le burlesque…) dans le sens de la DISCIPLINE, de l'ORDRE, et de la REGULARITE

A. Définition de l'ART CLASSIQUE

Le classicisme pourrait se définir par une HARMONIE dans les œuvres, entre la pensée et l'expression (par opposition aux excès dubaroque, de la préciosité, du burlesque).

"Le classicisme est un EQUILIBRE, (de pensée, de sensibilité et de forme), qui assure à l'œuvre d'art un intérêt humain et une diffusion universelle. L'ordre, la clarté, la plénitude, la maîtrise consciente en sont les signes apparents" Jean Bayet, Histoire de la littérature latine -(cité par Ch. Sen, p. 178).

B. Caractères du classicisme

(ou)Principes de "l'Ecole dite de 1660" dont Boileau a dégagé l'essentiel (…. après la production des grandes œuvres classiques).

1) Peindre l'homme universel, éternel.

Goût persistant pour l'ANALYSE PSYCHOLOGIQUE qui permet à l'homme de s'étudier, de se surprendre au moment où il agit. Cf les héros cornéliens ( les stances), les héros raciniens.

On peint la NATURE HUMAINE PSYCHOLOGIQUE(peinture des passions et des sentiments) considérée uniquement dans ce qu'elle a de général, d'universel.

On étudie l'homme en tant qu' "exemplaire d'humanité" (la vie de l'esprit, l'âme).

Rem. : Cette peinture de l'homme est différente selon les écrivains : optimisme, lucidité, pessimisme (voir ci-dessous, conclusion)

Conséquences :
a) "Le moi est haïssable", selon Pascal.
Le MOI esthaïssable parce qu'il ne constitue pas un sujet d'étude assez vaste et assez noble.
Don pas de lyrisme individuel , mais de la pudeur
Mais il y a du lyrisme dans les personnages des pièces ( Racine, Pascal, Bossuet)

b) On s'occupe peu de la NATURE EXTERIEURE
LA NATURE EXTERIEURE ne les intéresse pas.
Mis à part La Fontaine et Mme de Sévigné, les écrivains classiques n'ont guère de regard pour leCADRE EXTERIEUR dans lequel nous nous mouvons, non point par mépris ni par faiblesse mais parce qu'ils jugent plus important d'atteindre l'ESSENTIEL…

"Ce n'est pas la réalité extérieure, avec les détails des costumes ou du visage, l'ameublement, les décors, l'aspect précis d'une rue ou d'une ville que le classicisme a voulu rendre ; c'est la seule réalité qui compte, la "surréalité", plusintérieure et plus vraie de la conscience : c'est la vie de l'esprit qu'analysent avec une précision réaliste, Descartes dans ses Méditations, Pascal ou la Rochefoucauld dans leurs maximes et pensées… C'est l'âme même des personnages qui est explorée dans ses replis cachés, au cours des monologues, parlés, mais intérieurs tout de même, d'Hermione, d'Athalie, de Phèdre." (Henri Peyre)

Cf égalementPascal § 14, 25, 29, 49 ; Boileau, Art poétique II, 175, III, 403, 424 ; IV, 91 ;
La Bruyère I, 43.

Quant à la nature, on y met de l'ordre : "jardins à la française" !

2) …avec un souci de VERITE et de NATUREL

- Molière Critique de l'Ecole des Femmes : "Lorsqu'on peint les hommes, il faut peindre d'après nature".
- Racine déclare qu'un écrivain qui "s'écarte du naturel" ne peut que"trahir le bon sens " (I° préface de Britannicus).
- La Fontaine : "Il ne faut pas quitter la nature d'un pas".
- Boileau : "Que la nature donc soit votre étude unique".
"Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable.
Il doit régner partout et même dans la Fable" (Art Poétique III)
"Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant.
Maisla nature est vraie et d'abord on la sent.
C'est elle seule en tout qu'on admire et qu'on aime"

Condamnation de l'affectation, de l'artifice, en réaction contre une certaine préciosité
et contre les erreurs du burlesque et de la poésie galante.
On exige que l'art IMITE la REALITE en étudiant le MODELE VIVANT, le modèle qui se retrouve à tous les siècles, le modèle HUMAIN...
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