Le clezio la montagne du dieu vivant

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  • Publié le : 25 avril 2011
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MONDO ET AUTRES HISTOIRES
COMMENTAIRES À L'OEUVRE
Les nouvelles de Mondo et autres histoires (1978) témoignent de la nostalgie de l'enfance et de l'innocence de la société pré-industrielle.
Johnson voit dans L'inconnu sur la terre et Mondo et autres histoires une volonté de guider le lecteur, par les paroles, à un univers primitif de réception spontanée.
L'année 1975 semble être un pointtournant où il acquiert une harmonie plus profonde dans sa vision du monde. Mondo et autres histoires témoigne du mouvement de la négation à l'affirmation d'une conscience intégrante du cosmos. Ceci provoque chez Le Clézio la tentative de fuite du monde historique, qui porte l'empreinte de la raison critique, vers l'appartenance de l'autre côté, celui des sensations métaphysiques. Cette fuite, selonWaelti-Walters but de toute l'oeuvre de Le Clézio, s'accomplit à tel point dans Voyages de l'autre côté que la littéraire américaine n'ose pas en 1977 prédire où Le Clézio va se diriger.
En 1978, dans L'inconnu sur la terre et Mondo et autres histoires, Le Clézio s'est libéré de l'angoisse du monde contemporain, par l'exil de la société et par la mort de l'homme. La quête furieuse des adéquationset des moyens d'expression se résorbe, l'époque de «l'écriture automatique» est finie. Son style s'apaise dans une réorientation où il semble accepter les limites de la langue. La linéarité s'est développée et Le Clézio a augmenté l'emploi d'un présent vivant, évoquant, aboutissant à ce qu'il appelle «enfantasmes», recueillis dans Mondo et autres histoires.
Le thème du désert, lieu d'existence,pays plat, surgit, et il met davantage l'accent sur l'union homme univers plutôt que sur réalité écriture. Quand il s'exile du monde des adultes et captive la perception spontanée de l'enfant, les mots deviennent des entités animées. Toujours omniscient, le narrateur s'est approché des personnages principaux.
Coenen-Mennemeier suggère que l'emploi des noms de personnes et de lieux sont des moyensd'augmenter l'effet de réel. L'intrigue n'est pas ce qui lie ensemble l'oeuvre encore, mais elle rend possible une description plus détaillée des personnages et des lieux. Le lyrisme continue à l'emporter sur les formes: Le Clézio ne cesse de dépasser les classifications des genres. En fait, ce qui est nouveau dans Mondo est plus dans le ton du narrateur que dans la narration. Il subsiste quandmême une certaine tendance d'expériences de structure, particulièrement évidente dans Désert mais aussi dans les nouvelles de La ronde et autres faits divers.
Les protagonistes sont en mouvement perpétuel. Parfois ils marchent d'une impatience existentielle, d'une fièvre métaphysique à une fuite de la nostalgie de l'innocence, un énervement qui se révèle jusque dans l'écriture. Ils donnentl'impression d'être hantés par un désir sous-jacent d'un ailleurs, de quitter la civilisation, la ville pour s'unir aux éléments, comme Besson dans Le Déluge ou Adam Pollo dans Le Procès-verbal. Gaspar dans Les bergers ou Antoine dans Le jeu d'Anne sont déjà près des éléments, comme presque tous les enfants. D'autres ne trouvent pas d'issue, comme Bea B dans La Guerre ou Mondo. S'ils cèdent, laréconciliation avec le monde est possible.  Dans l'aspiration de se rapprocher de l'existence à l'état pur, ils rompent les liens humains et se dépouillent de tout.
Chacune des histoires raconte à sa manière la recherche et la brève atteinte d'une liberté vraie. Il y a Daniel, qui n'a jamais vu la mer, et s'enfuira, lui aussi, de l'école...
Les contes de Le Clézio, qui semblent nés du rêve et durecueillement, nous parlent pourtant de notre époque. Venu d'ailleurs, Mondo le petit garçon qui passe, Lullaby la voyageuse, Jon, Juba le sage, Daniel Sindbad qui n'a jamais vu la mer, Alia, Petite Croix, et tant d'autres, nous sont délégués comme autant d'enfants-fées. Ils nous guident. Ils nous forcent à traverser les tristes opacités d'un univers où l'espoir se meurt. Ils nous fascinent par leur...
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