Le clocher

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  • Publié le : 10 mai 2010
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Je m’appelle James Steward, je suis dans l’hôpital depuis six ans. Je me sens bien dans cet hôpital. Les douleurs ont presque disparu, mais le son de la cloche retenti ; il retenti encore dans mon esprit. Enfin les fantômes de mon passé me laisse respirer, enfin je peux parler.

-Alors docteur Zide ? dis je.
-Tout va bien, la batterie de test post-natale est presque terminée, il me reste àtester son ouïe et sa vue.
Le médecin pris un casque de la taille d’une demi noix de coco.
Il le posa sur la tête de ma fille, Mélissa tressailli a son contact. Il se tourna vers sa machine puis vers l’enfant et fronça les sourcils. Il réessaya mais l’enfant restait endormie, sans réaction. Une boule se serrait dans mon ventre à la manière d’un étau ; mon enfant, ma fille, la chaire de ma chaire ;sourde ?
L’homme en blanc se tourna vers moi, le visage désolé ; je reculai.
Ma femme n’avait pu résister à l’accouchement et je m’était raccroché à l’espoir d’un enfant parfait, mais là, c’était trop pour un seul homme. Je me suis donc arraché au monde pour en accepter la réalité.
Huit mois se sont déjà écoulés et je sors enfin de cette dépression comme le dit mon psy et je regarde la fillettetrottiner avec son nouveau cheval imaginaire. Le portrait craché de ma tendre Julie, sa mère ; des cheveux blond aux allures de blés bronzant sous le soleil chaud de l’été, sa petite clochette reçue par sa mère résonne au son de ses mouvements et des yeux verts profonds où je me plonge volontier quand elle dort. Oui, elle dort les yeux ouverts ; c’est une réaction fréquente chez les enfantssourds ; leur inconscient se sent privé de quelque chose. Alors, elle se raccroche à ce qu’elle a.
C’est alors qu’un jour, alors qu’elle jouait avec son cheval imaginaire, elle s’est approchée de moi et m’a dit :
-Papa, monte avec moi.
Cela dépassait l’entendement, une enfant de huit mois, sourde de surcroît, qui parle. C'est à partir de ce moment là que ma vie reprit un cours normal. Ellen’entendait toujours rien mais nous nous comprenions. Tout allait bien ; j’était devenu gérant de ma propre librairie, et ma fille, à 5 ans moins trois jours, rayonnait de bonheur et avait une diction parfaite. Un émerveillement pour moi et un mystère total pour la centaine de spécialistes qui l’ont examinée. Mais c’était trop beau pour durer. Le jour de son cinquième anniversaire, je suis rentré dans sachambre pour la réveiller comme a l’accoutumée mais elle était déjà éveiller. Il faisait sombre, je fis un pas en avant et elle me dit :
-Non n’entres pas, ils pourraient te voir.
Inquiet, j’hésitai une seconde.
-Sors, ils t’ont vu, ils te veulent.
Je couru vers ma fille, mis ma main sur son front ; Mélissa était glacée.
-Non, non, va-t-en.
Et un rayon de soleil perçant a travers la fenêtrevint illuminé son visage, et je vis que ses cheveux était noir tel la nuit et ses yeux aussi sombres et compacts à l’apparence de l’ébène. Je la pris dans mes bras et couru à l’extérieur où le soleil brillait. Sa peau blanche, nacrée, d’un blanc de neige. Elle cria. Sa peau fumait, tout son corps fumait. Je la couvris tout de suite de ma veste et nous rentrâmes dans la maison, elle arrêta de crier.-Ils sont en colère et toi tu as peur.
Elle avait reprit un ton effrayant et posé.
-Va dans ta chambre, ils ne l’aiment pas.
J’étais à la fois abasourdi et apeuré. Cette horreur était ma fille, cette horreur était la fille de Julie, l’ange que j’avais épousé, cette horreur était la fille qui tantôt jouait avec son cheval imaginaire au son de sa clochette. Cette chose devait cesser d’exister.Cette pensée ne cessa de m’assaillir et je la repoussais sans cesse avec horreur. Chaque fois que je la repoussais, cette obsession revenait à la charge comme si une force extérieure me forçait à le penser. Ma fille s’agitait. Ma fille avait des convulsions qui, de seconde en seconde, devenaient de plus en plus fortes. Je ne me souviens plus bien de ce qui s’est passé après. J’entends juste...
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