Le combat de la femme est-il achevé ?

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  • Publié le : 31 mai 2011
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Le combat de la femme est-il achevé ?

La femme a longtemps été un être sous la tutelle de son père puis de son mari. Considérée par nature comme inférieure à l’homme, elle a été longtemps cantonnée à son rôle d’épouse et mère et confinée au foyer. Si dès le XVe siècle, le droit d’être l’égale de l’homme a été revendiqué par Christine de Pisan, si la Révolution a permis à Olympes de Gouges deproclamer la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, le combat des femmes pour la liberté a été long et marqué par des avancées et des reculs. La deuxième moitié du XXe siècle a proclamé dans la Constitution de 1946 l’égalité pleine et entière des femmes et des hommes et la vigueur du combat des femmes leur procuré un grand nombre de droits et une autonomie entière. Pour les jeunesfilles d’aujourd’hui, les luttes féministes semblent de l’histoire ancienne. Le constat des inégalités persistantes conduit cependant à s’interroger sur la fin de ces luttes pour l’égalité.
Les femmes ont conduit le combat sur tous les fronts pour accéder à la liberté et au droit d’exister dans la sphère publique. Cependant, les dissemblances observées dans tous les domaines semblent indiquer quele combat pour la parité n’est pas terminé.

La femme a conduit le combat sur tous les fronts

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la femme, portée par les luttes féministes, s’est peu à peu émancipée des tutelles biologique, socioéconomique, politique qui la maintenaient dans un statut de dépendance vis-à-vis des hommes.

Le combat de la femme pour se libérer de sa condition…

Lacondition féminine est dominée par sa « merveilleuse fonction », comme l’écrivait le poète et philosophe allemand Heine au XVIIIe siècle, la maternité. Selon l’Eglise, le mariage et la sexualité entre époux se concevaient dans un but procréatif. Il fallait assurer une descendance et la perpétuation de l’espèce humaine. Dans ce contexte, nombre de grossesses étaient subies, même si la France a étémalthusienne bien avant les techniques modernes de contraception. La mise au point de la pilule anticonceptionnelle par le médecin biologiste américain Pincus, commercialisée en 1960 aux USA, et le vote en 1967 de la loi Neuwirth autorisant cette contraception suppriment Cet asservissement de la femme à sa condition biologique récusé par Simone de Beauvoir qui publie en 1949 « le deuxième sexe » oùelle déclare que « l’on ne naît pas femme, on le devient ». Cette affirmation devient l’emblème de la lutte féministe.
En mai 1968, les femmes revendiquent la liberté de leur corps avec le slogan « un enfant si je veux, quand je veux ». En 1970, le Mouvement de libération de la femme (MLF) naît. En avril 1971, 343 femmes dont Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Catherine Deneuve signent unmanifeste publié dans le Nouvel Observateur dans lequel elles affirment avoir avorté. Elles s'exposent ainsi à des poursuites pénales. En effet, l’avortement, passible de la peine capitale sous l’Occupation, est interdit et réprimé par la loi. Les avortements pratiqués clandestinement sont dangereux voire mortels. C’est donc un enjeu de santé physique et mentale que revendique la lutte pour lalégalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Conduite à l’Assemblée Nationale par la ministre de la Santé, Simone Veil, elle aboutit en 1974, après des débats houleux, au vote de la loi de légalisation dite loi Veil.
Le combat pour se libérer des contraintes biologiques a dû s’accompagner de celui pour se libérer de la tutelle juridique de son conjoint. Le Code civil de Napoléon, en 1804,dans son article 213, place la femme sous l’autorité souveraine de son mari : « la femme doit obéissance à son mari ». Cet article ne sera supprimé qu’en 1938 et il faudra attendre 1965 pour qu’une épouse puisse ouvrir un compte en banque et exercer une activité professionnelle sans autorisation du mari. Une autre entrave à la liberté de la femme est le divorce qui la pénalise lourdement car il...
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