Le commerce des femmes, montaigne, les essais

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1157 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Exposé : Le commerce des femmes
Les Essais de Montaigne, « De trois commerces » (III,3)

La notion de commerce utilisée par Montaigne véhicule les idées de relation et de communication avec autrui. Les trois commerces évoqués par Montaigne sont les relations sociales avec les hommes, la fréquentation des femmes et la lecture. Le commerce des femmes (I) prend sens si l’on considère en fonctiondes deux autres commerces (II).

I – « Le doux commerce » des femmes

Les femmes sont reconnues par Montaigne pour leurs attraits physiques (A) et leur commerce ne doit pas être vénal mais conditionné par le désir (B).

A – La prédominance des attraits physiques des femmes

« C’est le vrai avantage des dames que la beauté. » Elles sont considérées comme différentes des hommes. Leursattraits ne sont pas au niveau intellectuel mais physique, et aucune femme n’en est dépourvue. Il ne tari pas d’éloges envers leur beauté « Le monde n’a rien de plus beau : c’est à elles d’honorer les arts et de farder le fard ». Cependant Montaigne concède qu’elles peuvent parfois avoir également de l’esprit, comme Marguerite de Navarre.
Montaigne n’apprécie pas les femmes savantes. Il accorde queles femmes peuvent s’intéresser aux sciences, mais en se limitant uniquement à certaines. La poésie leur convient car « c’est un art folâtre, et subtil, déguisé, parlé, tout en plaisir, tout en montre, comme elles ». De la philosophie elles ne doivent prendre que la part qui leur permettra de supporter leur existence en tant que femme dans la société. Il y a également l’histoire. « Voila pour leplus, la part que je leur assignerais aux sciences », écrit Montaigne.

B – Un commerce qui doit être alimenté par le désir

Montaigne rejette l’amour vénal et condamne la comédie de surface ainsi engendrée entre hommes et femmes. Si l’on s’engage, il faut le faire réellement, au sens où il doit y avoir un réel désir avec une dimension psychologique. C’est l’imagination en s’enflammant qui vapousser la passion à se développer. Il ne faut pas de « Vénus sans Cupidon », pas de relation superficielle. Vénus renvoie à l’amour charnel et Cupidon au désir qui va augmenter spirituellement l’intérêt de l’amour en augmentant la passion.
Le mariage n’est pas évoqué dans ce chapitre. Il est vu à cette époque comme une institution socio économique avec l’assujettissement forcée d’un individu parun autre, par opposition à l’amour qui est échange et partage avec l’autre. Le mariage de Montaigne est un mariage de communauté d’intérêt. Il n’évoque pas sa femme dans ce chapitre. S’il éprouve envers elle amitié et respect, elle reste liée aux tracas de la vie domestique qu’il fuit en se réfugiant dans sa bibliothèque. Ainsi cela ne l’ennuie pas de s’en éloigner deux ans pour prendre les eaux.Si Montaigne évoque les femmes et leur commerce avec un certain éloge, il laisse une place tout aussi importante aux deux autres.

II – Des éléments conducteurs à ces trois commerces

Les passages concernant les femmes et leur commerce dans ce chapitre, ne prennent leur sens que par rapport aux deux autres commerces : celui des hommes et celui des livres. Les principaux élémentsconducteurs sont le rejet des relations superficielles (A), la concordance avec les valeurs du 16ème s (B) et l’opposition des deux premiers commerces du chapitre à celui des livres (C).

A – Le rejet des relations superficielles

Les relations sociales superficielles et sans intérêt n’intéressent pas Montaigne. Ce sont malheureusement les plus communes. Il est à noter que Montaigne déteste lepédantisme, que ce soit chez les hommes (« Les savants […]font toujours parade de leur magistère ») ou chez les femmes (« La doctrine qui ne leur ap eu arrivé en l’âme, leur est demeurée dans la langue .»)
L’amitié quant à elle n’est possible qu’avec les hommes car elle est spirituelle et intellectuelle. Cependant les hommes de qualité sont rares, et la vraie amitié l’est plus encore. C’est le défaut...
tracking img