Le conflit social chez ikea

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1706 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 14 mars 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le conflit social en cours chez IKEA
Les faits, les réactions, les enjeux

Créée de toutes pièces par le Suédois Ingvar Kamprad il y a plus de 60 ans, la société de distribution de mobilier en kit IKEA était considérée, notamment par les Français, comme un modèle social en matière de travail et de valeurs. Cependant, pour la première fois, le groupe français du géant Suédois doit faire face àune importante crise sociale qui risque fort de mettre à mal une image de marque qui semblait pourtant bien soignée.

Un conflit étonnant

C’est en 1956, lorsqu’Ingvar Kamprad croisa un livreur pressé qui sciait les pieds d’un fauteuil pour le ranger plus facilement dans son camion, qu’est née l’idée d’IKEA. En effet, le concept majeur de cette entreprise révolutionnaire est de distribuerdu mobilier, des ustensiles etc en kit afin de réduire les coûts de transports et ainsi les prix de ventes. Et ça marche ! L’entreprise est actuellement présente dans 36 pays et ne compte pas moins de 301 magasins pour un chiffre d’affaires de 21,5 milliards d’euros en 2009 qui fait d’elle le n°1 mondial de l’ameublement. Enfin pour achever le tableau, IKEA est systématiquement érigé en modèlesocial, prônant des valeurs telles que la simplicité, la hiérarchie courte, la recherche perpétuelle de consensus, les bonnes conditions de vie et de travail de ses employés…
On se demande alors comment ce géant à l’allure si parfaite tant sur le plan économique que social, et à qui tout semble sourire, a pu ces dernières semaines subir en France un mouvement social de cette ampleur.

Les raisonset acteurs du conflit

Le mouvement social des salariés d’IKEA débute le samedi 6 février lorsque les magasins de Roissy-Paris-Nord, Vélizy, Grenoble, Montpellier et Bordeaux sont perturbés par des retards ou des premières manifestations, le magasin de Thiais fermant lui directement ses portes, pour cause de grève du personnel portant sur les salaires. Le bras de fer est alors engagé entre lesdirigeants d’IKEA et ses principaux syndicats: CFDT, FO, CGT. Mais comment celui-ci s’est-il déclenché ?
Tous les ans les dirigeants de la firme Suédoise se réunissent dans le cadre des NAO, négociations annuelles obligatoires. A l’issue de cette rencontre, ils proposent des hausses de salaires bien en deçà des espérances des salariés : 1,2% de hausses individuelles indexées sur lesperformances, alors que les syndicats se battent eux pour une hausse généralisée de 4%. Forcément, ils ont tous leurs raisons pour justifier leur position. Les syndicats mettent d’abord en avant une prétendue incohérence entre les résultats de l’entreprise et la faible augmentation des salaires. En effet la filiale française d’IKEA a annoncé un chiffre d’affaires pour l’année 2008-2009 en hausse de 7% à 2,2milliards d’euros, pour un bénéfice net de 52 millions d’euros. Alors donc qu’IKEA affiche une fois de plus une croissance impressionnante, les salariés, dont le pouvoir d’achat diminue depuis deux ans, se demandent pourquoi leurs salaires ne suivent pas, d’autant plus que les augmentations générales des deux dernières années (1,5% en 2008 et 0,5% en 2009) n’ont pas été suffisantes pour contrerl’inflation (2,8% en 2008 et 0,9% en 2009). La direction elle justifie sa « maigre » proposition d’augmentation par une conjoncture économique difficile dans le secteur de l’ameublement et par les incertitudes économiques pour l’année 2010. Et face à l’opposition, la direction d’IKEA tient aussi à rappeler à ses salariés les nombreux avantages en matière de salaire dont ils disposent déjà : unemutuelle dont la cotisation s’élève à 30% par an, la possibilité de choisir chaque année son temps de travail de 33 ou de 35 heures, un salaire minimum à 1464,57€ mensuels brut pour 35 heures, soit 8,9% au-dessus du smic, et une prime de participation et d’intéressement. Par ailleurs, Pierre Deyries, directeur de la communication chez IKEA France, tient à préciser que tous les salariés avaient...
tracking img