Le contrat social de rousseau

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Rousseau (1712 - 1778)
Du contrat social (1762) Plan I - Présentation II - Le Souverain III - La souveraineté et la volonté générale IV - La loi V - Le gouvernement VI - La religion civile Conclusion

I - Présentation Du contrat social n’est pas un livre de constitutionnaliste, puisque Rousseau n’est pas un juriste. Deuxièmement, ce n’est pas non plus une utopie. C’est donc un texte dephilosophie pure, fondé sur une question à laquelle Rousseau répond: celle de la nature de l’autorité politique. droit naturel / droit divin Rousseau participe à ce grand mouvement de sécularisation du pouvoir qui consiste à faire passer les peuples du droit divin au droit naturel. Jusqu’alors, on est dans des monarchies de droit divin, où le souverain détient son droit à exercer le pouvoir de Dieu.C’est une vieille idée qui vient de Saint Paul. Ce dernier est celui qui fédère l’Eglise chrétienne. Il s’adresse à tous les peuples de la région par des épitres. Une fameuse épitre est adressée aux romains. C’est là qu’il dit: “il n’y a point de puissance qui ne vient de Dieu” (Epitre aux romains, XIII, 1). Le roi est donc d’une certaine façon le représentant de Dieu sur terre. Il exerce son autoritépar la grâce de Dieu. Cette théorie du droit divin anime la monarchie. Or, on retrouve avec la modernité une émancipation par rapport au religieux. La modernité change la conception du pouvoir, dont elle considère que son origine est naturelle, humaine, et non divine. C’est une première ébauche de ce que deviendra la démocratie. Dans un premier temps, le droit est divin, dans un second temps, ilest naturel. Le contrat naturel se manifeste aux XVII° et XVIII° siècles. On passe donc du Sinaï à l’Agora. pacte de soumission / pacte d’association Les grands philosophes qui précèdent Rousseau (Montesquieu, Hobbes, Locke) ont tous réfléchi sur un problème important. Ils ont tous constaté que toute société humaine, pour survivre et traverser le temps, devait se soumettre à une organisation. Celaveut dire qu’il faut toujours qu’il y ait une autorité, un commandement, une obéissance. Et il semblerait bien que les sociétés jusqu’à présent avaient mis en place entre les gouvernants et le peuple un pacte, un contrat. Rousseau dit que les contrats sur lesquels reposent tous les pays sont des pactes de soumission. Les peuples se sont aperçus que si on les laissait livrés à eux-mêmes, ilss’entre-déchiraient par violence. Ils ont donc passé un pacte avec leur gouvernant. Ce pacte consiste en ceci: les peuples ont renoncé à leur liberté, en échange de quoi leur gouvernant leur assurait la sécurité. Le grand théoricien de ce pacte est Thomas Hobbes. Hobbes, auteur du Citoyen et du Léviathan, a le même pessimisme tragique que Pascal. Il dit: “l’homme est un loup pour l’homme, l’homme est undieu pour l’homme / homo homini lupus, homo homini deus”. Si les hommes sont livrés à eux-mêmes, c’est la guerre civile permanente. Mais si ces hommes se donnent un maître, un dieu, un léviathan, alors leur protection est assurée. Et Rousseau dit que ce pacte de soumission est un pacte scandaleux, parce que c’est un pacte d’esclave. On se soumet, et on renonce à sa liberté. C’est ce qui est généralsur terre, d’où la célèbre phrase de Rousseau: “l’homme est né libre, et partout il est dans les fers” (Du contrat social, I, 1). La Boétie aurait dit qu’on est dans la servitude volontaire. Cela est encore une fois scandaleux parce que “renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme ...”. Voilà l’enjeu du contrat que nous propose Rousseau: c’est résoudre une sorte d’équation, uneaporie, que personne n’a encore résolue. jusqu’à présent, les hommes choisissaient

entre la liberté et la sécurité. Le maintien de la sécurité était inconciliable avec le rétablissement de la liberté. Ainsi, Rousseau dit: “trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé et par laquelle chacun s’unissant à tous...
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