Le couarge

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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Cette fois, je me souvenais que j’étais couché dans le cabinet de chêne et j’entendais distinctement les rafales de vent et la neige qui fouettait. J’entendais aussi le bruit agaçant at persistant dela branche de sapin, et je l’attribuais à sa véritable cause. Mais ce bruit m’exaspérait tellement que je résolus de le faire cesser, s’il y avait moyen ; et je m’imaginai que je me levais et quej’essayais d’ouvrir la croisée. La poignée était soudée dans la gâche : particularité que j’avais observée étant éveillé, mais que j’avais oubliée. «Il faut pourtant que je l’arrête!» murmurai-je.J’enfonçai le poing à travers la vitre et allongeai le bras en dehors pour saisir la branche importune ; mais, au lieu de la trouver, mes doigts se refermèrent sur les doigts d’une petite main froide comme laglace! L’intense horreur du cauchemaur m’envahit : J’essayai de retirer mon bras, mais la main s’y accrochait et une voix d’une mélancolie infinie sanglotait : « Laissez-moi entrer! laissez-moi entrez!— Qui êtes-vous?» demandai-je tout en continuant de lutter pour me dégager. «Catherine Linton», répondit la voix en tremblant (pourquoi pensais-je à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois pour Lintonune fois). «Me voilà revenue à la maison : je m’étais perdue dans la lande!» La voix parlait encore, quand je distinguai vaguement une figure d’enfant qui regarderait à travers la fenêtre. La terreurme rendit cruel. Voyant qu’il était inutile d’essayer de me dégager de son étreinte, j’attirai son poignet sur la vitre brisée et le frottai dessus jusqu’à ce que le sang coulât et inondât les draps delit. La voix gémissait toujours : «Laissez-moi entrer!» et l’étreinte obstinée ne se relâchait pas, me rendant presque fou de terreur. «Comment le puis-je ? dis-je enfin; lâchez-moi si vous voulezque je vous fasse entrer!» Les doigts se desserrèrent, je retirai vivement les miens hors du trou, j’entassai en hâte les livres en pyramide pour me défendre, et je me bouchai les oreilles pour...
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