Le cri

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  • Publié le : 2 mai 2011
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Le cri

« Le cri » (Skrik) est un tableau d’Edvard Munch. Situé dans le courant de l’expressionnisme, ce tableau est considéré comme le tableau le plus important d’Edvard Munch. Ce tableau a été peint en 1893 et l’expressionnisme n’est apparu fin XIX° siècle.



Ce tableau a été fait en quatre versions. Il est fait de la manière suivante :
Au premier plan, contre la balustrade d’un pontqui domine la mer agitée, un être vivant se serre les tempes à deux mains et crie sous un ciel sanglant (rougeâtre). Dépourvu de cheveux, les traits émaciés et le teint cadavérique, le personnage qui nous est donné à voir semble avoir été totalement déshumanisé par l’artiste. Silhouette fantomatique tout de noir vêtue qui ondule et flotte dans les airs, est-ce véritablement un être humain à partentière qui est représenté ici ou bien la représentation d’une âme tourmentée. De même, l’expression de stupeur qui habille ses traits n’est-elle pas l’empreinte de la mort qui étend ses longues griffes sur une âme de malheur et lui arrache un cri d’agonie.
Deux ombres s'éloignent dans le lointain, leurs hauts-de-formes sur la tête, abandonnant le personnage principal – qui n’est autre que lepeintre lui-même si on en croit la note associée à l’œuvre – sur le ponton qui surplombe un fjord, avec à droite, un vertigineux précipice. Enfin, on distingue en arrière plan des montagnes d’un bleu sombre qui, par contraste, se détachent du rouge ardent du ciel. Le paysage au fond est Oslo, vu depuis la colline d'Ekeberg.
La barrière et le sol du pont forment des lignes de force qui convergent versun point de fuite situé à gauche et donnent ainsi profondeur et perspective au tableau. De plus, si l’on en croit la large bande verticale qui longe le bord droit, le sens de lecture du tableau doit s’effectuer de la droite vers la gauche. Mais ce qui est le plus intéressant à remarquer dans cette composition reste sans doute l’attitude du personnage central, tourné vers le spectateur, si bienque celui-ci se sent irrémédiablement impliqué, comme si le cri qui s’échappait de cette bouche béate lui était, dans une certaine mesure au moins, adressé.

Ainsi, à travers son Cri, Edvard Munch traduit ses obsessions et invente ainsi le style de l’angoisse. L’effet d’enroulement du tableau agit tel un tourbillon d’angoisse et de tourments, un cercle vicieux auquel on ne peut échapper. Le Cris’apparente comme le témoin d’une crise existentielle.

Dément, angoissant, fascinant, psychotique, les mots ne manquent pas pour qualifier l’œuvre d’Edvard Munch. Il semble y avoir dans cette représentation toute l’âme de l’artiste, une âme de malheur faite de ténèbres qui crie à l’agonie. Si on ne parvient à entendre cet appel au secours déchirant d’humanité et de désarroi; on éprouve à la vuede cet être pétrifié de stupeur une sorte d’horripilation de la chair, sinon un malaise angoissant qui nous oppresse. Nous nous égarons nous-mêmes dans ce tourbillon de tourments et d’angoisse, et nous voilà pris de vertige, comme si le sol se dérobait sous nos pas et que nous tombions dans un gouffre sans fond. C’est alors que se ressurgissent de sentiments et des émotions jadis familiers. LeCri apparaît alors comme l’empreinte sonore de nos souvenirs, et par la quête dans les replis de notre âme à laquelle nous procédons malgré nous, la texture de la toile ressemble à un miroir dans la profondeur duquel se reflète et s’abîme notre conscience.

Edvard Munch a choisi de peindre à l’huile, à la tempera et au pastel sur du carton.
Les touches de peintures sont épaisses, tortueuses etinclinées différemment selon l’effet voulu ; les mouvements du pinceau expriment à eux seuls une émotion, un cri, symbolisé par les courbes qui déforment le paysage. Et si on observe le ciel de sang avec ses courbes sinueuses, on comprend aisément l’expression « langues de feu » employée par l’artiste. En ce qui concerne les traits et les contours, ceux-ci sont flous, comme s’ils vibraient...
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