Le cycle des saison

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  • Publié le : 14 décembre 2011
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1 QUE SYMBOLISE LE CYCLE DES SAISONS ? « Tous les matins du monde sont sans retour » (107). La phrase qui donne son titre au récit traduit bien l'inscription du temps dans l'œuvre de Pascal Quignard.La fable mime le cycle des saisons mais celles-ci sont dominées par la perte. L'ouverture du récit témoigne de la primauté de la mort sur la vie : « Au printemps de 1650, Madame de Sainte Colombemourut » (9). Alors que le printemps est traditionnellement défini comme le temps du renouveau, il porte ici l'ombre de la perte. Primus tempus (« premier temps ») chez les Latins, symbole de la «reverdie » de la nature chez les poètes de la Renaissance, le printemps se retrouve en porte-à-faux avec les valeurs qui le caractérisent. Le lancement du roman ouvre ainsi un cycle saisonnier dont l'ordreest initialement faussé. Quantitativement, ce sont pourtant les saisons solaires qui vont dominer le récit : il est fait mention de « l'été » aux pages 35, 42, 71, 83 et du « printemps » aux pages 9,52, 65. L'« hiver » n'apparaît explicitement qu'aux pages 55 et 95. Cette lumière qui irradie les pages du court roman de Pascal Quignard donne à l'histoire une teinte lumineuse. Cependant, le clairse mêle toujours à l'obscur et reverse l'atmosphère climatique dans une plus grande gravité. En effet, nombreuses sont les tensions entre le jour et la nuit comme le prouve l'incipit. À ce titre, lalumière de fin d'été qui illumine la Seine à la page 42 se mélange « à une brume rouge » qui donne à l'eau qui coule l'aspect d'une « blessure qui saign [e] ». De même, le « mercredi saint » qui sedéroule traditionnellement en avril (printemps) est avant tout l'enjeu d'un développement sur la vanité à travers l'office religieux des « Ténèbres » (77). Plus concrètement encore, l'hiver est la saisonqui appelle un traitement symbolique soutenu de par sa proximité avec la mort et la disparition. Le deuil de la nature s'associe aux disparitions à venir. Il en va ainsi de « l'hiver 1684 » (95) qui...
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