Le désir

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  • Publié le : 15 novembre 2009
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Introduction


A travers l'analyse de la notion de désir, elle-même directement liée à l'idée que les hommes se font du bonheur, et dans la mesure où le bonheur serait en quelque sorte la résultante de la satisfaction de ce désir - Schopenhauer, philosophe allemand du 19ème siècle, nous livre une vision pessimiste ou négative de la manière dont sont organisés les désirs humains. Le désircorrespond essentiellement, à travers la conception qu'il nous en présente, à un manque que les hommes ne pourraient jamais combler. Pour trouver le bonheur, il faudrait renoncer aux désirs, jamais satisfaits, toujours renouvelés. Le caractére insatiable(dévorant) du désir l'annule en effet comme condition de possibilité du bonheur.
Dans le premier moment de ce texte, Schopenhauer explique que ledésir est une sorte de moteur à travers lequel, par la satisfaction de ce désir, nous pourrions accéder au bonheur. Mais il n'en est rien, puisque la satisfaction du désir, provoquant la disparition de ce désir, provoque en même temps la disparition du bonheur qui aurait pu résulter de cette satisfaction. Dans un second temps, le philosophe allemand explicite la thèse selon laquelle le désir,orienté vers la "conquête" d'un bien, n'aboutit jamais, contrairement à ce que l'on pouvait espérer, à la possession véritable de ce bien. Le désir est essentiellement défini, dans ce passage du texte, comme "besoin", lequel est lié à une "douleur". Schopenhauer en conclut, dans un troisième moment, que le désir, parce qu'il est fondamentalement lié à un manque, ne peut en aucun cas être lié à un plaisir: il ne représente que le symptôme d'un manque ontologique, c'est-à-dire constitutif de l'essence même de l'homme, lui-même associé à une souffrance. Le seul bonheur que nous puissions expérer, c'est celui que nous procure la cessation des souffrances.
Partie I


Schopenhauer n'établit pas de distinction véritable entre la satisfaction et le bonheur, et ne semble pas s'embarrasser, parconséquent, de ce qui les différencie. Traditionnellement en effet, dans l'histoire de la philosophie, la satisfaction est un état transitoire, non durable, que procure la réalisation de certains désirs, la concrétisation de certains espoirs, mais qui ne suffisent pas à construire un bonheur véritable, même s'ils peuvent contribuer à ce bonheur. En outre, le bonheur est considéré comme un étatdurable, auquel seul, d'après Aristote ou d'après Platon, le philosophe pouvait prétendre accéder. Le bonheur est en effet ce "bien suprême" ou ce "Souverain Bien" auquel on ne peut comparer les satisfactions. Spinoza, au 17ème siècle, reprend d'une certaine manière cet héritage lorsque dans l'Ethique, il assimile le bonheur à la béatitude à laquelle parvient celui qui, grâce à l'usage de la raison,est parvenu à la connaissance et donc à la maîtrise de ses passions.
La satisfaction, ou le bonheur, selon Schopenhauer, est donc "négatif" et ne contient rien de "positif". Il affirme donc clairement, en ayant explicitement recours à une antonymie, que nous ne devons rien attendre de la satisfaction ou du bonheur. D'emblée, il annonce donc la thèse selon laquelle nous devons renoncer à faire decette satisfaction ou de ce bonheur une finalité.
Le désir est ensuite défini comme "privation" : cette définition du désir est elle-même classique dans l'histoire dela philosopbie, notamment dans "Le Banquet", à travers le mythe de la naissance d'Eros ou à travers le mythe d'Aristophane, que retranscrit Platon dans ce dialogue.
L'expression selon laquelle le manque ou la "privation", assimiléeau "désir" serait "la condition préliminaire de toute jouissance" peut nous laisser perplexe. Comment la "privation", d'une part, pourrait-elle être un "désir", et en quoi cette privation ou ce désir pourraient être, d'autre part, la condition même du bonheur ? La conception schopenhauerienne du désir s'exprime ici de manière relativement claire : il faut comprendre que tout désir n'est que...