Le développement touche-t-il l’ensemble des pays de la planète ?

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  • Publié le : 14 novembre 2009
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François Perroux définissait le développement comme « la combinaison des changements sociaux et mentaux d’une population qui la rende apte à faire augmenter cumulativement et durablement son produit réel brut ». Il y a encore cinquante ans, le monde était dominé par l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. A l’heure actuelle, nous pouvons observer l’arrivée en masse des pays émergents, ainsi quedes Nouveaux Pays Industriels (NPI) : de ce fait, nous sommes en mesure de nous demander si tous les pays du monde se développent. Contrairement à l'indice de croissance, avec lequel on fait souvent l’amalgame, l'indice de développement cherche à témoigner du "bien être" dans un pays. Calculé à partir de l’Indice de Développement Humain (une moyenne de l’espérance de vie à la naissance, du tauxd’alphabétisation et du PIB par habitant), ce développement connait un effet d’hystérésis qui l’empêche souvent de se dégrader. Nous nous intéresserons notamment au développement des pays du Sud : les pays émergents, ainsi que des NPI. Nous verrons comment le développement a évolué sur notre planète depuis le début du XXe siècle. Nous pourrons alors nous demander si le développement s’opère de façonidentique dans les pays du Nord et dans ceux du Sud.
Pour répondre à la question consistant à se demander si tous les pays du monde se développent, nous nous demanderons dans un premier temps si le développement est généralisé, en étudiant son accélération mondiale au cours des trente dernières années, ainsi que la réduction des écarts entre le Nord et le Sud qu’il a engendré. Nous verrons ensuiteque le développement n’est en fait pas nécessairement généralisé car il peut s’enrayer, et également parce qu’il ne touche pas certaines régions du monde.

Dans un premier temps, il convient de se demander si le développement se généralise au niveau planétaire.
Nous pouvons en premier lieu signaler que le développement mondial s’accélère depuis une trentaine d’années. En effet, d’après legraphique émis par le PNUD en 2001 sur le développement humain dans le monde, on remarque que les pays des cinq continents connaissent un développement significatif. Dans son livre Le Sous-Développement (1996), Sylvie Brunel parle de développement «à un rythme sans précédent dans le monde». Par rapport à la croissance, qui creuse les inégalités entre le Nord et le Sud, les inégalités de développementsemblent diminuer. Selon le FMI, l’écart-type (dispersion entre la donnée la plus basse et la donnée la plus élevée) de PIB par habitant entre les pays a été multiplié par 6 au XXe siècle alors qu’à la même période, l’écart-type moyen de l’IDH a été divisé par trois. On peut donc conclure à un effet de divergence de la croissance entre le Nord et le Sud, mais par contre à un effet de convergencedu développement entre les nations. Pour insister sur l’accélération du développement mondial, on remarque que l’espérance de vie ne cesse de croître. En effet, peu importe le niveau de développement des pays, l’espérance de vie a augmenté de façon assez importante entre 1950 et 1999. Au Japon par exemple, l’espérance de vie est passée de 61 ans à 81 ans ; et sur le continent africain, de 38 à 52ans. Ces chiffres sont tout à fait significatifs d’une accélération du développement mondial.
Enfin, pour montrer une fois de plus que le développement mondial s’accélère depuis trente ans, il est indispensable de souligner que le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a fortement diminué depuis dix ans. En effet, ce nombre a diminué de cent millions depuis 1990. L’effet de convergencesemble donc être confirmé par tous ces points.
Sylvie Brunel confirme l’hypothèse de la convergence. Selon elle, aujourd’hui, les pays du Sud affichent un PIB par habitant à seulement 6% du PIB par habitant des pays du Nord alors que l’espérance de vie y est de 85% et le taux d’alphabétisation de 81% (du niveau atteint au Nord). Ainsi, elle estime que «l’écart croissant des richesses ne se...