Le denouement (madame bovary)

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  • Publié le : 25 juin 2010
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Commentaire composé : Excipit de Madame Bovary, Flaubert

Plan
1) La transformation de Charles
a. Le pardon
b. La fidélité
2) Une fin pathétique et sublime
a. Une mort d’amour
b. Le décor bucolique
3) Une fin dénuée de morale
a. La victoire des méchants
b. L’ironie de Flaubert

Madame Bovary, de Flaubert, est un roman réaliste paru en 1857. L’auteur y raconte l’existence de sonhéroïne, Emma, épouse d’un officier de santé insignifiant, et rêvant depuis toujours au luxe des châteaux et à une vie pleine d’exaltation. Ces mêmes fantasmes désordonnés détruiront la vie de son mari, trop aimant pour se rendre à l’évidence : elle ne l’aime pas, elle le trompe, elle le ruine.
Cette scène finale présente dans un premier temps la rencontre de Charles Bovary et de l’ancien amant desa femme, Rodolphe, coïncidence écœurante où Charles préfère accorder son pardon plutôt que céder à une colère légitime. Le reste de l’extrait enfonce le clou du pathétique ; le récit de la mort de Charles et de ses conséquences déplorables fait de cet incipit l’achèvement de toute l’ironie de l’œuvre. Charles est finalement métamorphosé, l’exemple de médiocrité qu’il a été pendant tout le romannous offre une mort sublime et pathétique, mais sans laisser au lecteur une morale explicite. Aussi, à travers ces différents éléments tirés de l’excipit, voyons en quoi Charles Bovary est-il transformé en héros romantique.


En effet, cette fin de roman nous expose Charles Bovary sous un jour inconnu, en contradiction avec tout ce que nous avions pu lire sur le pauvre homme. Et il vajusqu’à remplir les caractéristiques du héros romantiques…
Car le champ lexical de la colère (« s’empourprait», « frémissaient », « fureur sombre »…) présent au début de l’extrait et exprimant la douleur du deuil de sa femme vient s’éteindre dans son pardon. « Je ne vous en veux pas », prononce-t-il, sans évoquer la teneur des péchés de Rodolphe à son encontre. Il insiste même, remplaçant un« pas » catégorique par l’adverbe « plus », négation exprimant sa nouvelle indulgence, pour ensuite accuser la fatalité, ignorant à la fois sa culpabilité et celle de Rodolphe. Mais s’il pardonne à Rodolphe, ce n’est pas par lâcheté, il n’a plus de colère pour cet homme. La placide « lassitude funèbre » vient s’opposer à sa « fureur ». Et ce pardon magnifique est le fait d’un homme vertueux, qui se révèlesur sa triste fin.
En outre, jusqu’à sa mort, Charles fera preuve d’une fidélité inébranlable. Emma est restée son seul amour, dans une constance opposée aux turpitudes de sa femme. Ainsi, il la fait revivre dans les yeux de Rodolphe, cherchant dans « cette figure qu’elle avait aimée » le souvenir d’Emma, et le narrateur va jusqu’à parler de « rêveries », en opposition à la haine farouche quel’on s’attendrait à trouver. Ce culte du souvenir se retrouve aussi dans « cette longue mèche de cheveux noirs », que l’on suppose appartenir à Emma, comme un fétiche qui la ramènerait, au moins en pensée. C’est aussi ce souvenir qui le tue, lorsqu’il croule sous les « effluves amoureux » qui lui rappellent trop bien sa femme.
Charles est entièrement métamorphosé. D’un homme sot et effacé, nouspassons à un homme plein d’un amour douloureux mais pourtant détaché de toute haine, incarnant réellement la figure du héros romantique.

Contribuant à cela, l’auteur a voulu insuffler à cette mort une profonde dimension pathétique, qui participe à sa beauté.
Car la mort de Charles est bien l’apogée du pathétisme dans l’œuvre de Flaubert. Le fait que son sentiment soit assez puissant pour qu’ilsuffoque « sous les vagues effluves amoureux », que son mal moral se transforme en un mal physique, prouve que sa passion est loin d’être éteinte. On sent surtout cette douce mélancolie propre au héros romantique, un mélange paradoxal d’amour transit et de malheur. Ce sentiment semble le déconnecter d’une réalité trop dure à accepter. Son cœur est « chagrin » mais il paraît prostré dans...
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