Le desir

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  • Publié le : 10 juin 2011
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Fiche 1 – Le désir suppose-t-il la connaissance préalable de son objet ?

INTRODUCTION
Selon Epicure, il est indispensable de connaître la véritable nature d'un désir pour déterminer s'il est de ceux qui doivent être satisfaits. En effet, la pensée épicurienne nous impose plusieurs sortes prédéfinies de désirs ; «certains sont fondés en nature, d'autres sont vains». Nous pouvons donc endéduire que la connaissance préalable de l'objet de son désir est indispensable à la volonté de satisfaire ou non celui - ci".
Or cette connaissance n'est pas nécessaire, notamment dans le désir sexuel. Ainsi dans l'oeuvre de Maupassant Une Vie, nous rencontrons une femme s'attachant à l'aspect idéal du «prince charmant». S'étant mariée avec un homme qu'elle considérait comme tel, elle le plaça audessus de ses rêves et fit de lui l'objet de tous ses désirs.
Le désir suppose-t- il donc la connaissance préalable de son objet ? En effet, avons nous réellement conscience de la teneur exacte de nos désirs ? Nous pouvons également nous demander s'il n'existe pas plusieurs formes de désirs dont certaines nécessiteraient une connaissance préalable pour pouvoir exister.
I- Les desirs
Pouvons nousressentir le besoin d'un objet sans avoir de celui - ci une connaissance préalable ? Revenons la théorie d'Epicure : «Parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires pour le bonheur, les autres (...) pour le fait de vivre ». Nous avons donc ici la mise en présence des désirs naturels et nécessaires à la vie. Ce sont des désirs prédateurs et purement biologiques. Dans cette première étape vers laconscience de soi, l'homme n'a plus conscience que de l'objet de ses besoins, il le connaît, le désire, il analyse les sensations qui le tiraillent sommeil, soif ou faim comme le ferait un animal. C'est pourquoi selon Hegel : Ce Moi naturel, fonction de l'objet naturel, ne pourra se révéler à lui même qu'en tant que sentiment de soi». Nous pouvons donc en conclure que la connaissance préalable del'objet nécessaire aux besoins biologiques ne permet pas une conscience de soi mais seulement un sentiment d'exister. Cependant, à la différence de l'animal, la connaissance que l'homme a de l'objet de ce désir biologique lui permet de le contrôler, de décider s'il est bon de le satisfaire ou non. Il peut donc le nier pendant un certain temps mais ne peut le supprimer, car l'homme répond toujoursaux cycles impérieux de la nature auxquels il ne peut se soustraire sans mettre sa vie en péril. Cette vie qui selon Spinoza cherche à croître, à se conserver, à «persévérer dans son être». Les désirs biologiques secondaires peuvent, quant à eux, se satisfaire d'un contentement différé. En effet, ils ne concourent qu'à la satisfaction de l'esprit et non à celle du corps. Celui - ci les connaît etles reconnaît comme étant fondamentaux à sa propre satisfaction. C'est pourquoi il en use ; tant et si bien qu'une certaine accoutumance s'installe et que ce désir reconnu comme étant un désir naturel non nécessaire se transforme en véritable besoin. Il y a alors la création d'un nouveau cycle dans la vie de l'homme dépendant de ce désir devenu besoin.-
Mais le désir n'engendre -t- il pas ici uneconnaissance erronée de son objet ? En effet, l'être dépendant considère l'objet nécessaire alors qu'il n'est que superficiel. «Quel besoin avez vous de cinquante serviteurs ? - Quel besoin de dix ? - Quel besoin d'un ?ÿ», ici Clavel nous montre la futilité de ces
prétendus besoins. C'est l'homme qui les créer, notamment grâce à la publicité. Effectivement, le publicitaire connaît tellement lesaspirations de chacun qu'il va s'en servir pour créer des besoins à partir de la connaissance de ces désirs intérieurs.
La connaissance préalable de l'objet de ses désirs est donc, dans le cas des désirs biologiques, nécessaire. Nous ne pouvons pas avoir besoin de quelque chose relatif à la survie si nous ne connaissons pas cette chose.
II- Y a - t - il pas une symbolique dissimulée dans le...
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