Le dormeur du val

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  • Publié le : 28 novembre 2010
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Le dormeur du val
« Le dormeur du val » est le deuxième poème du second Cahier de Douai (ou recueil Demeny) d’Arthur Rimbaud. Il écrit ce poème en octobre 1870 en s’inspirant de la guerre franco-prussienne qui a alors éclaté trois mois plus tôt. Dans ce poème, Rimbaud apporte une réflexion sur la guerre et sur la mort de victimes innocentes. Il y décrit un petit val où se trouve un jeunesoldat qui a été tué par des balles. Nous allons chercher à voir comment Rimbaud amène la chute de ce poème. Dans un premier temps nous observerons la description du décor, c’est-à-dire d’une nature idyllique, puis nous analyserons le portrait du jeune soldat et la progression qui a lieu tout au long du poème.

Arthur Rimbaud a mis en place autour du jeune soldat une nature merveilleuse qui donneà ce poème un cadre idyllique.
Ce décor est tout d’abord représenté par une nature animée. C’est une nature vivante, le « soleil » (vers 3) est le symbole de la vie. De plus, cette nature est personnifiée au vers 1 « où chante une rivière » et au vers 11 «Nature, berce-le chaudement ». Tout au long de la description de cette nature, on peut observer des expressions qui font référence à la perception auditive : « chante une rivière » (v. 1), « qui mousse de rayons » (v.4), à la perception olfactive : « les parfums » (v.12), ou encore à la perception visuelle : « d’argent » (v.3), « luit » (v.4), « cresson bleu » (v.6). Tout ceci suggère le foisonnementde la vie qui a lieu à l’intérieur de la nature. L’animation de la nature se voit également par l’utilisation de verbes d’action comme « chante » (v.1), « luit » (v.4), « mousse » (v.4).
En plus d’être animée, c’est une nature bienveillante. La personnification « chante une rivière» (v.1)connote déjà une certaine douceur de la part de la nature, ceci est confirmé vers 11 avec une nouvelle personnification « berce-le » qui assimile la nature à une mère, à une protectrice. De plus, cette image de protectrice est renforcée par le lieu où se trouve le soldat, c’est-à-dire dans un « petit val » (v.4) qui transparaît alors comme un cocon, un lit douillet pour le soldat.En effet, le soldat se trouve dans « son lit vert » (v.8), il est comme dans une fusion parfaite avec cette mère nature. On distingue également cinq occurrences du mot « dans », «dans le frais cresson bleu » (v.6), « dans l’herbe » (v.7), « dans son lit vert » (v.8), « dans les glaïeuls »(v.9), « dans le soleil » (v.13), qui accentue parfaitement l’idée d’union entre la nature et le soldat.
Cette nature vivante et bienveillante donne donc à ce poème un cadre idyllique en fusion avec le soldat, cependant ce décor merveilleux s’oppose avec la réalité du poème.

C’est un sonnet qui cache tout au long du poème laréalité de la scène. Rimbaud joue sur une gradation qui débouche sur une chute brutale et réaliste.
Dans ce poème, la réalité de la mort du soldat est atténuée mais est pourtant omniprésente. Dès le premier vers, l’idée de mort est présente avec l’euphémisme « c’est un trou deverdure » qui désigne une tombe pour le soldat. L’image de la tombe est rappelée ensuite car le poète a choisit de placer aux pieds du soldat des « glaïeuls » (v.9) qui sont traditionnellement les fleurs que l’on pose sur les pierres tombales. On trouve également le champ lexical du sommeil avec « dort » (v.7/9/13), « lit » (v.8), « il est étendu » (v.7), «somme » (v.10), « berce » (v.11), et le...
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