Le doute est-il l’échec de la pensée ?

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  • Publié le : 2 octobre 2009
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Le doute est-il l’échec de la pensée ?

L’erreur est de manière commune le signe de l’échec de la pensée. L’intelligence se trouve en échec lorsqu’elle n’arrive pas à connaître une chose, lorsqu’elle n’arrive pas à se déterminer dans le jugement. Au final, il s’agit de penser les limites et les conditions de la connaissance vraie, qu’elle soit théorique ou pratique. Ainsi douter, compris commela crainte que la contradictoire soit vraie, est-il l’échec de la pensée, la manifestation que l’intelligence a mal jugé ou qu’elle est dans l’impossibilité de juger ? Il faut en effet penser cette limite ou cet échec de la pensée qui se matérialise dans l’erreur ou l’impuissance du jugement. Y a-t-il des doutes invincibles ? Des doutes indépassables ?


Á strictement parler, le doute laconséquence d’un acte de l’intelligence qui perçoit une erreur possible, une faiblesse dans la connaissance des causes (science est la connaissance certaine par les causes). A ce titre, le doute qui survient à l’esprit, n’est qu’une étape dans la recherche de la vérité. Lorsqu’il y a un doute dans la solution d’un problème mathématique, par exemple, la pensée ainsi en quelque sorte informée par sapropre activité, va se mettre en acte de dépasser l’erreur afin de parvenir à une solution vraie et certaine. Elle va examiner, calculer, relire… Si parfois l’évidence est trompeuse, la certitude est le fruit d’une activité de la raison afin d’écarter tout doute possible. Nous pourrions dire alors qu’heureusement nous doutons ! Car ce doute est bien le signe de la présence, de l’action de la penséequi poursuit sa finalité : la connaissance et la vérité. Comme l’affirme Alain : « Le doute est le sel de l’Esprit… le vrai c’est qu’il ne faut jamais croire et qu’il faut examiner toujours. » Le doute est donc utile si l’intelligence ne se laisse pas abattre par son imperfection relative et y trouve l’occasion de s’approprier son acte propre.
Le doute tel que l’a posé et utilisé Descartes est bienla manifestation et la systématisation de cette utilité du doute. Douter, c’est admettre que l’on peut se tromper et être trompé par nos sens ou par nos propres pensées. Descartes ne fait qu’amplifier le doute afin de parvenir à la certitude du Cogito « Je pense donc je suis » Le doute est donc non seulement la conséquence d’une certaine perception de l’intelligence mais encore une occasion, unmoyen de sortir des fausses opinions, des croyances, de l’illusion. En posant le doute comme principe : « que je rejette comme faux tout ce en quoi se trouverait le moindre doute », il s’agit donc de donner à la pensée un outil afin que la pensée ne soit justement pas dans l’échec. La responsabilité de la pensée doit donc passer par le doute lorsqu’elle appelle des questions comme : quelle estl’origine de nos connaissances ? Pourquoi je pense cela ? Est-ce fiable ? Est-ce certain ? Le doute manifeste la prise de hauteur de la pensée par rapport à la connaissance sensible, à l’évidence, aux perceptions ou jugements spontanés. Ainsi si le doute manifeste un échec, c’est celui des jugements spontanés, des perceptions immédiates, des opinions qui n’ont pas encore été repris par la réflexivitécritique de la pensée et par le travail de la rationalité, dont le doute est un moyen et un moment.
Il est sur que cette considération sur le moment fondamental qu’est le doute repose sur la reconnaissance qu’une vérité existe et qu’il est possible d’y parvenir. Telle n’est pas la conception des sceptiques pour lesquels il n’y a pas de vérité. Devant une telle affirmation, il faudrait doncsuspendre son jugement et ne plus rien affirmer sur rien. La foi sceptique donne une dimension toute autre au doute : puisque l’on peut douter de tout, qu’il n’y a pas de vérité, je dois reconnaître l’échec de la pensée et suspendre mon jugement – ce qui revient à se séparer de la pensée, à reconnaître sa faillibilité et son inutilité. Cependant il y aurait, même pour les sceptiques, une vérité...