Le fétichisme

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  • Publié le : 22 mars 2011
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Le fétichisme
La vie sexuelle Freud 1927

Introduction

Les fétiches sont communs à toutes les civilisations. C’est l’attribution à un objet ou à un animal de propriétés surnaturelles bénéfiques pour le possesseur.

Le mot fétichisme est apparu en France vers 1750 chez Charles de Brosses qui se réfère au culte de certains objets chez les nègres africains. Vers 1900, on assiste àl’apparition du terme
dans le domaine sexuel.
Le Petit Robert le définit aujourd’hui comme une perversion sexuelle incitant l’individu à rechercher une satisfaction sexuelle par le contact ou la vue de certains objets normalement dénués de signification érotique.

C’est la signification dans la sphère sexuelle qui fait dire à Karl Kraus, contemporain de Freud qu’il a soutenu dans les premières heuresavant de critiquer la psychanalyse :
« Il n’y a pas d’être plus malheureux sous le soleil qu’un fétichiste qui languit après une bottine et qui doit se contenter d’une femme entière. »

Je vais donc vous parler de ce fétichisme, étudié par de nombreux chercheurs comme Marx, Comte, Kant, Hegel, Nietzsche et pour ce qui nous intéresse ce soir, dans le domaine de la psychanalyse, par Freud.

Freudparle pour la première fois de fétichisme dans les Trois essais sur la théorie sexuelle écrits entre 1905 et 1910. Il la désigne comme perversion basée sur la théorie de la libido.
Il utilise ses recherches sur le souvenir d’enfance de Léonard de Vinci qu’il présente en 1909 dans un exposé où il parle d’ « un fantasme de Léonard de Vinci », le fantasme du vautour et de la mère phallique. Ilutilise ce souvenir pour étayer sa thèse de 1927 sur le fétichisme.

C’est ce texte que je vais exposer maintenant : Le fétichisme dans la vie sexuelle écrit en 1927.

1. Début de l’article 

Freud commence son texte en remarquant que s’il a pu observer des cas de fétichisme dans son cabinet, ce n’était jamais la raison de la consultation. Les hommes dont le choix objectal était dominé par unfétiche étaient plutôt satisfaits des facilités qu’il apporte à leur vie amoureuse, même s’ils ont conscience d’une anomalie.

Il présente le cas d’un jeune homme qui avait érigé en fétiche un certain « brillant sur le nez ». Il avait été élevé dans une nursery anglaise et avait presque oublié sa langue maternelle lorsqu’il est revenu en Allemagne. Le fétiche dont l’origine se trouvait dans la primeenfance ne devait pas être compris en allemand, mais en anglais : le brillant sur le nez « Glanz », était en fait un « regard sur le nez » glance ; ainsi le nez était ce fétiche auquel, du reste, il pouvait à son gré octroyer ce brillant que les autres ne pouvaient voir. Ce fétiche repose sur un jeu de mot inconscient venant de la collusion des deux langues.

On peut se demander pourquoi Freudutilise un simple éclat sur le nez pour illustrer son travail alors qu’il existe et qu’il a côtoyé tant de fétichismes plus chatoyants : fétichisme du pied, de la fourrure, du satin… C’est que Freud ne pouvait se montrer trop scabreux dans ses écrits, il pratiquait l’autocensure. C’est dans les réunions du mercredi soir qui a réuni de 1906 à 1918 Freud et ses amis comme Otto Rank et Karl Abrahamqu’il présente des cas plus croustillants.
Mais son choix de cas peut sembler très judicieux, car si une simple luminosité peut faire l’affaire, cela ne prouve-t-il pas la nature subjective et symbolique de l’objet fétiche ?

2. Théorie

Pour Freud, le fétiche est clairement le substitut du pénis de la mère, auquel la personne ne veut pas renoncer.

Quels mécanismes psychiques sont en œuvre ?Tout commence lorsque l’enfant découvre que la femme, sa mère, n’a pas de pénis. Il ne veut pas croire à sa perception qui est totalement insoutenable. Pourquoi ? Parce que cela renvoie à la menace d’être châtré lui aussi, le risque de la disparition de son propre pénis. L’angoisse de castration le panique.
Il ne veut pas croire à sa perception, il y a déni, Verleugnung. Attention, déni...