Le fascisme de mussolini

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  • Publié le : 4 juin 2011
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Victorieuse, mais déçue dans ses ambitions, l'Italie traverse, au lendemain de la Première Guerre mondiale, une crise que le régime parlementaire libéral ne peut surmonter et qui ouvre la voie au fascisme. Après s'être emparé du pouvoir en 1922, Mussolini élimine toute opposition puis instaure une dictature. Le fascisme italien veut réaliser un Etat totalitaire, fondé sur la mystique du cheftout-puissant, le Duce, incarnant la volonté de la masse et s'appuyant sur un parti unique. Soucieux de donner au peuple italien une âme collective, il le soumet à une intense propagande et embrigade la jeunesse. Le retour à l'ordre, l'exaltation d'une Italie régénérée et forte lui assurent la soumission passive du pays. Mais ses ambitions l'entraînent vers une politique belliqueuse à laquellel'Italie n'est ni moralement ni matériellement préparée et dans laquelle le régime fasciste se désagrège.

1. La crise italienne de l'après-guerre.

Au lendemain d'une victoire chèrement payée, l'Italie ajoute à ses difficultés traditionnelles un lourd passif hérité de la guerre.

•Un pays fragile et contrasté.
Unifiée depuis les années 1860 seulement, man¬quant de cohésion, l'Italie présenteencore de profondes contradictions.
L'économie demeure déséquilibrée, malgré un « décollage» industriel récent. Développées depuis les années 1890-1910, les industries modernes se sont concentrées en bordure des Alpes et dans la plaine du PÔ, bénéficiant du rapide essor de l'hydroélectricité alpestre, dans les grandes villes du Nord, Milan et Turin, et dans quelques ports, principalement Gênes.Apparues tardivement, appuyées par des capitaux étrangers, ces grandes industries, textiles, mécaniques, métallurgiques, sont dominées par des groupes monopolistes, comme l'Ilva pour la sidérurgie, Olivetti pour la petite mécanique, Fiat pour l'automobile. Elles manquent de charbon et sont tributaires des importations, mais bénéficient en
revanche d'une main-d'œuvre abondante et bon marché. Endehors de ce secteur industriel dynamique, l'économie repose sur l'artisanat traditionnel et l'agriculture. Celle-ci, qui occupe encore, en 1919, 55 % de la population active, présente de grandes inégalités de développement et ne parvient pas à assurer un ravitaillement régulier de l'Italie. A côté de contrées riches et prospères, Piémont, Lombardie, Toscane, des zones entières de la basse plaine duPô, les marais Pontins au sud de Rome sont encore incultes. Le problème le plus grave est celui du Midi, le Mezzogiorno; les terres y sont en majeure partie aux mains de propriétaires qui exploitent insuffisamment leurs grands domaines, les latifundia, sans y réaliser d'investissements. De plus, le Mezzogiorno est sous-industrialisé, à la fois en raison de ses conditions naturelles médiocres, de sonretard initial, mais aussi du peu d'intérêt que lui manifestent les milieux d'affaires d'Italie du Nord, cependant que la classe dirigeante du Midi elle-même préfère placer ses capitaux dans les industries septentrionales. Ainsi, dans tout le Mezzogiorno, le surpeuplement rural ne laisse à des centaines de milliers de paysans que le choix entre le chômage larvé ou l'émigration massive vers lesÉtats-Unis, l'Amérique latine ou la France; mais cette possiblité a été brutalement interrompue par la guerre .
L'Italie est une monarchie constitutionnelle
l reposant jusqu'en 1913 sur un suffrage censitaire très restreint. Depuis 1870, les souverains pontifes, volontairement reclus au Vatican par refus d'accepter le rattachement de Rome à l'État italien, recommandent aux catholiques de ne pasparticiper à la vie politique nationale: cette abstention des catholiques et le suffrage censitaire ont assuré, depuis l'Unité, la prépondérance électorale d'une bourgeoisie urbaine, libérale et laïque sur le plan politique, le plus souvent conservatrice sur le plan social. La direction du pays est donc le fait de « partis de gouvernement» libéraux ou modérés, dont les chefs constituent une...
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