Le gai savoir, friedrich nietzsche

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1128 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 28 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le Gai Savoir, Friedrich Nietzsche

Nietzsche s’attache tout au long de sa vie philosophique à la religion et à la moralité entérinée par la croyance. Ce texte est extrait de son œuvre Le Gai Savoir. Il entreprend ici de suspecter l’idolâtrie véhiculée par la religion. En effet, Nietzsche s’appuie dans cet extrait sur l’opposition entre la volonté de vérité absolue et la vie : vouloir lavérité c’est ne plus vivre, c’est passer à côté de la vie. C’est Platon puis le christianisme qui ont mis au-dessus de tout la vérité, la considérant comme divine, ce que réfute totalement Nietzsche dans son œuvre. Pour cela, il aborde le problème de la vérité à partir de la science : pour le scientifique, il y a un ordre, une permanence dans le monde. De ce fait, il va développer sa thèse dont lapensée principale est que rien n’est fixe et qui est directement en opposition à l’idée de permanence. Pourtant l’idée de vérité n’est-elle pas tout de même concevable ? La recherche incessante de la vérité, ne nous permet-elle pas de vivre et de nous construire ?


Même dans la science qui commence normalement par le doute sur ce qu’on perçoit, il y a une volonté de vérité. Pourtant lascience se bâtit, se construit sur l’hypothèse, elle invente une explication provisoire pour rendre compte des faits. Il n’y a donc pas, au début du travail scientifique, le primat de la vérité. Mais ceci n’est qu’apparent, car si l’homme de science cherche à expliquer, c’est qu’il croit qu’il y a un ordre fixe du réel et que l’intelligence peut être adéquate à cet ordre et le découvrir «la scienceaussi repose sur une croyance, qu’il n’y a absolument pas de science sans «présupposés»» (l 6 à 8). Or l’adéquation de l’esprit à la réalité, c’est ce qu’on nomme la vérité. La vérité implique la permanence, les choses étant ce qu’elles sont elles demeurent et ne changent pas. Car si tout changeait à tout moment, la connaissance serait impossible. Or pour Nietzsche, le monde et tout ce qui existen’est «qu’une mer de forces en tempête et en flux perpétuel, éternellement en train de changer». Il s’oppose ici à Kant et à son «nummen» : sens profond de chaque chose dont même l’interprétation des phénomènes ne peut faire apparaître.
Donc, ce qu’on appelle être, être qui dure, avec une certaine permanence, cela est une erreur. Nietzsche retrouve ici Héraclite, philosophe présocratique, quiaffirme avec «pentare» («tout coule») ou encore avec «on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve» que rien n’est fixe dans le réel, le monde. Tout change à chaque instant, les formes existantes passent, changent et nous-mêmes sommes un élément de ce monde, un élément sans consistance. Pour Nietzsche, le monde est donc composé d’apparences fugitives et nous-mêmes sommes une apparence fugitive,une création fugitive.
Pour Nietzsche il n’y a que la volonté de puissance qui est le moteur de l’univers ; c’est une force à la fois créatrice et destructrice qui meut sans but un univers éternel. La vie est un aspect de cette volonté de puissance : chez l’homme elle se manifeste par des créations de valeurs ou par la domination du fort sur le faible. La vie est création perpétuelle, rien n’estfixe, l’homme détruit les anciennes valeurs pour en créer de nouvelles et ceci sans fin. C’est pourquoi aussi la vie n’est qu’apparence : rien n’est fixe. Et il n’y a donc pas de vérité absolue. On a donc dans ce texte l’opposition entre être et apparence. Notre propre existence n’a pas de densité, nous ne sommes qu’une forme fugitive de cette force universelle, de cette volonté de puissance.De plus, Nietzsche proclame ce qu’il appelle «la mort de Dieu», c'est-à-dire que pour lui Dieu n’existe pas, et comme il n’existe pas, il ne peut y avoir ni ordre fixe du monde, ni vérité. Pourtant, même le scientifique considère la vérité comme une valeur et ne veut également pas du mensonge. Pourquoi tient-il à la vérité ? Il a donc été habitué à penser ainsi. C’est en définitive Platon et le...
tracking img