Le gallicanisme

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  • Publié le : 5 juin 2012
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LE GALLICANISME

Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique sous-tendant l'organisation d'une Église catholique de France largement autonome du pape. Le gallicanisme affirme la spécificité française, et rejette une trop grande intervention du pape dans les affaires de l'Église de France. Il reconnaît au pape une primauté spirituelle et juridictionnelle, mais conteste satoute-puissance, au bénéfice des conciles généraux dans l'Église, des évêques dans leurs diocèses et des souverains dans leurs États.
Les origines du gallicanisme remontent au premier conflit entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII à la fin du XIIIe s. La défaite de Boniface VIII est aussi celle de la théocratie pontificale. Le gallicanisme se renforce avec le séjour de la papauté en Avignon(1309-1376), et surtout avec le grand schisme d'Occident (1378-1417).
Le grand schisme est en effet l'occasion de résister à la tendance de centralisation à Rome du pouvoir spirituel. En accord avec le clergé, l'université de Paris, sûre de l'appui de la royauté, organise la résistance. Lors d'un synode tenu en 1398, elle proclame que la papauté a aliéné d'anciennes libertés et que le roi seulpeut lever des impôts sur son clergé, jouir des revenus des évêchés vacants et nommer à tous les bénéfices de l'Église de France (principe de la régale).
Hors de France, c'est le concile œcuménique de Constance en 1414, convoqué pour mettre fin au grand schisme, qui décide par le décret Sacrosancta que le concile, détenant directement son pouvoir de Dieu, possède la juridiction universelle enmatière de foi et de réforme et sur le pape lui-même. Cette décision, qui établit la suprématie du concile sur le pape, est toutefois écartée par le nouveau pontife, Martin V, élu en 1417.
En 1438, le clergé de France réuni à Bourges fait sien le décret Sacrosancta, établit que le roi de France ne sera soumis sur le plan politique à aucune autorité supérieure, supprime les impôts pontificaux et limitela procédure d'appel en Cour de Rome : c'est la pragmatique sanction de Bourges. Le roi, qui peut nommer à tous les bénéfices, devient pratiquement le maître de l'Église de France.
L’Eglise de France fut donc qualifiée de Gallicane.
Ce gallicanisme se constituait de deux mouvements en réalité très différents, qui s'opposent l'un et l'autre au parti dévot ultramontain, mais pour des raisonsdifférentes, et s'opposent aussi entre eux. Le gallicanisme vrai est celui qui soutient la primauté du politique sur le religieux, contre la prétention du religieux d'assujettir le politique ; le second mouvement, improprement assimilé au gallicanisme, prône une radicale séparation du politique et du religieux, s'oppose donc aussi bien aux menées politiques du parti dévot qu'à la mainmise royale sur leclergé.
Ce sujet suscite questionnement sur l’origine de la séparation du pouvoir temporel au spirituel. Sur la séparation de l’Etat de l’Eglise
Afin de comprendre ce que cette idéologie peut bien signifier, il faudrait tout d’abord en étudier analyser le gallicanisme religieux limité au pontificat sur la France (I) .Ensuite , on va voir le gallicanisme politique ou l église a été directementplacée sous l autorité de la royauté(II)





I) Le gallicanisme religieux : limité le pontificat sur la France

A) la formulation de l’Eglise gallicane, issue de la querelle entre la royauté et la papauté

La querelle avec la papauté se noue sous le règne de Philippe le Bel et l’oppose à Boniface VIII. En deux phases aiguës, le conflit se résout au profit de la royauté française etdébouche sur le gallicanisme, théorie qui fait du roi le protecteur de l’Eglise de France. Au plan interne, le déploiement de la souveraineté royale accompagne l’agrandissement territorial et le développement de l’appareil administratif, au niveau central avec la spécialisation des tâches du conseil du roi et au niveau local avec la création des baillis et sénéchaux. Par ailleurs, la royauté...
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