Le gaokao concours d entree a l universite chinoise

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Ambassade de France en Chine –

Coopération Universitaire

LE « GAOKAO », CONCOURS D’ENTREE A L’UNIVERSITE CHINOISE

En Chine comme ailleurs, un diplôme universitaire représente un sésame vers de meilleures perspectives professionnelles, et la compétition pour accéder à l’enseignement supérieur est particulièrement rude. Le parcours des élèves chinois est jalonné d’examens pour passer auniveau supérieur. Au lycée (Gaozhong), les élèves concentrent particulièrement leurs efforts sur la préparation du concours d’entrée à l’université ou Gaokao. Un échec à cet examen bouleverserait leurs perspectives d’avenir et les excluerait du système éducatif conventionnel, en barrant l'accès aux formations de Benke (bac + 4), ce qui contraint le futur étudiant à se tourner vers des cursus deZhuanke (bac + 2 ou 3) et vers les établissements privés qui les dispensent. Le Gaokao se tient chaque année au début du mois de juin dans plus de 8000 établissements et centres d’examens, même s'il a déjà pu être reporté pour raison majeure1. Les matières sont le chinois, les mathématiques, l’anglais, et l’épreuve de synthèse à orientation littéraire ou scientifique. En 2009, 10,2 millions de jeuneschinois se sont présentés aux épreuves – ils étaient 10,5 millions en 2008, 10,1 millions en 2007, 9,5 millions en 2006 et 8 millions en 2005. Si cette croissance continue témoigne de l'élargissement considérable de l’accès à l’enseignement supérieur, elle contribue à mettre sous tension le système éducatif et maintient de fait une forte sélectivité à l'entrée des universités : le taux nationald’admission d’environ 60,6% en 2002 est passé à 57% en 20052. Cette année le nombre moindre de participants au Gaokao par rapport à 2008 peut s'expliquer par plusieurs facteurs : · Pour le Ministère de l’Education, l’évolution démographique est le facteur le plus significatif : la tranche d’âge des 17-18 ans qui passe l’examen est moins nombreuse ces dernières années en raison du recul de la natalitéenregistré au tournant des années 1990. · Les difficultés économiques ont contribué à mettre fin au mythe de l’emploi garanti pour les diplômés de l’université. Le statut du Gaokao en a pâti, lui qui était jusqu’à récemment perçu comme une épreuve couperet déterminante pour l’université et la future carrière d’un étudiant. Ainsi, cette année, 10% des lycéens ne passeront pas l’examen : lesfamilles comparent défavorablement le système éducatif chinois avec celui d’autres pays, et pèsent davantage leur investissement dans le cursus universitaire de leur enfant, qui atteint parfois le tiers de leur revenu annuel. Certains des meilleurs lycéens choisissent de postuler directement pour des universités étrangères qui ne requièrent pas de résultats du Gaokao. · Dans certains lycées, lesmeilleurs éléments choisissent d’entamer une formation dans des universités à l’étranger sans attendre les résultats du Gaokao, et de nombreuses familles tendent à comparer défavorablement le système éducatif chinois avec celui des autres pays. Une réforme a été entamée depuis 1999, et porte sur le contenu des épreuves et sur la poursuite de l’élargissement de l’accès à l’université. Elle doit résoudrel'opposition entre capacités d’accueil limitées des établissements d'enseignement supérieur3 et forte demande en éducation des jeunes générations. Pour procéder, les autorités éducatives lancent des expérimentations locales (à l'échelle de la province ou de la municipalité) qui sont en cas de succès généralisées à l’ensemble
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Par exemple, le séïsme dans les provinces du Sichuan et du Gansu l'andernier où l'examen s'est finalement tenu en juillet, ce qui a concerné 119 928 candidats (1 % de l’effectif total) 2 Pour resituer ces données dans un contexte plus large, il convient de garder en tête que la population chinoise représente 20% des habitants de la planète en âge d’étudier, et que le gouvernement chinois ne consacre encore par an qu’un peu plus de 3% de son PIB à l’éducation,...
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