Le gorgias

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  • Publié le : 15 mai 2010
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Le Gorgias
Ce discours met en scène cinq intervenants : Socrate, Khairéphon, Gorgias, Polos et Calliclès. Socrate y combat la rhétorique, ce qui l'amène à s'interroger sur l'idée de justice, et sur la manière selon laquelle chacun doit régler sa vie.
I. Entretien avec Gorgias.
Socrate et Khairéphon se rendent chez Calliclès pour y entendre Gorgias, mais ils arrivent trop tard. Néanmoins,Calliclès les introduit auprès de ce dernier, à qui Socrate voudrait poser une question. Il lui demande en effet ce qu'est la rhétorique dont il fait profession. Après plusieurs demandes de précision de la part de Socrate, Gorgias parvient à cette définition : la rhétorique est la science des discours (449 d) qui ne se rapportent pas au travail des mains (450 b) et qui ont uniquement pour fin lapersuasion (452 d), persuasion qui se produit dans les assemblées et les tribunaux et a pour objet le juste et l'injuste (454 b).
Socrate distingue alors deux sortes de persuasion d'égale puissance : celle de la croyance, et celle du savoir. De l'aveu même de Gorgias, c'est bien par la croyance que la rhétorique persuade. Toutefois :
"Sans doute l'orateur est capable de parler contre tous et sur toutechose de manière à persuader la foule mieux que personne, sur presque tous les sujets qu'il veut; mais il n'est pas plus autorisé pour cela à dépouiller de leur réputation les médecins ni les autres artisans, sous prétexte qu'il pourrait le faire; au contraire, on doit user de la rhétorique avec justice, comme de tout autre genre de combat" (457 c).
Pour Socrate, si le rhéteur a pour fin depersuader sur la justice, alors il doit préalablement la connaître, ce qu'admet Gorgias. Or, qui connaît la justice ne peut commettre l'injustice. Gorgias pourrait se défendre et dire qu'il n'est pas vrai qu'il suffise de connaître la justice pour ne pas commettre l'injustice. Mais Platon, comme Socrate, est convaincu qu'il suffit de connaître le bien pour le pratiquer, et que le vice se ramène àl'ignorance. C'est pourquoi il n'envisage pas que Gorgias puisse faire une telle objection. Voyant ce dernier fort embarrassé, Polos somme alors Socrate de définir lui-même ce qu'est selon lui la rhétorique.
II. Entretien avec Polos.
Selon Socrate, à chaque art correspond une sorte de flatterie. C'est ainsi que la sophistique s'est glissée sous la législation, la rhétorique sous la justice, lacuisine sous la médecine, et la toilette sous la gymnastique. Cependant, Polos se refuse à considérer les orateurs comme de simples flatteurs, puisqu'ils sont d'après lui les plus puissants citoyens, étant capables, à l'instar des tyrans, de satisfaire toutes leurs volontés. Pour Socrate au contraire, les rhéteurs comme les tyrans ne sont pas puissants, puisqu'ils ne veulent pas perpétrer les crimespour eux-mêmes, mais en vue d'une autre fin, à savoir le bien. Or, une attitude criminelle est contraire au bien, de sorte que le tyran n'atteint pas sa fin et n'est donc pas puissant.
Pour Socrate en effet : "le plus grand des maux, c'est de commettre l'injustice" (469 c) si bien que : "quiconque est honnête, homme ou femme, est heureux, et quiconque est injuste et méchant, malheureux" (471 a).Plus encore, le plus grand des maux est de n'être pas puni quand on mérite de l'être.
Pour démontrer qu'il vaut mieux subir l'injustice, Socrate part alors de l'identité du mal et du laid, du beau et du bien. C'est à cause du plaisir et/ou de l'utilité que les belles choses sont réputées belles, et c'est par les contraires, le douloureux et/ou le mauvais que les laides sont telles. Par suite, unechose est plus belle qu'une autre en ce qu'elle procure plus de plaisir et/ou de bien, et une chose est plus laide qu'une autre parce qu'elle cause plus de douleur et/ou de mal. Or, si le grand nombre croit qu'il est plus avantageux de commettre l'injustice que la subir, tout le monde, et Polos lui-même, admet qu'il est plus laid de la commettre que de la subir. Comme ce n'est ni par la douleur,...
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