Le gout de l'absolu en aragon

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  • Publié le : 10 mai 2011
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L’œuvre d’Aragon comporte plus de quatre-vingts volumes écrits en 60 années. Il inculque d’abord à son lecteur la diversité de la personne humaine et son mouvement perpétuel; il a indiqué à plusieursreprises : " Je ne crois pas qu’on puisse comprendre quoique ce soit de moi si l’on omet de dater mes pensées ou mes écrits ". Car toute œuvre est de circonstance, liée aux circonstances.
Aragonavait le " goût de l’absolu ", c’est-à-dire ce qui ne comporte aucune restriction ni réserve, ce qui ne fait aucune concession, ne supporte ni la critique, ni la contradiction : " Ce que nous cherchonsest tout; faites entrer l’Infini ". Ses premiers poèmes du " Mouvement perpétuel " évoquent l’idée d’illimité, d’extrême, d’éternel. Les passions enrichissent, exaltent l’existence, mais le goût del’absolu est une passion dévorante.
Aragon a décrit ce sentiment de l’absolu dans la longue rêverie sentimentale d’ "Aurélien ", l’un des sommets romanesques de son œuvre ( Edition Gallimard 1944 ).Citons quelques extraits d’Aurélien, roman ambigü et très riche reconstituant les année folles de 1930, décrivant les dérives morales et les diversions esthétiques d’un jeune bourgeois, l’écart entrel’imaginaire, les mots, les sentiments et leur réalisation :
" La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n’aima pas comment elle était habillée.Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu’il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princessed’Orient sans avoir l’air de se considérer dans l’obligation d’avoir du goût. "
Aurélien tombe néanmoins dans le " piège amoureux " vers lequel son entourage le pousse et il se laisse aller, malgré lui, àcette passion dévorante :
" Il lui semblait que rien au monde n’existât hors cette certitude : Bérénice l’aimait. Il en éprouvait un engourdissement bizarre, et non point la joie qu’il aurait...
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