Le hussard sur le toit

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  • Publié le : 12 juin 2010
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Le Hussard sur le toit

Expérience du présent

L’ouvrage se présente à nous sous l’allure imprévisible de la désinvolture. En effet, on ne peut qu’avec du recul lui trouver une structure :
L’errance jusqu’à Manosque et la découverte du choléra
La vie sur les toits et autour de la ville
Le voyage vers Théus avec Pauline.
L’apparence est plutôt celle du hasard, le récit avance au gré desrencontres. L’impression générale est que Giono, comme son héros, ne sait pas bien où il va et poursuit sa route (on peut en effet comparer l’aventure littéraire de l’auteur à l’aventure héroïque du hussard).
Le roman n’a ni début, ni fin : le héros est sur les routes au début, on l’y retrouve à la fin. On peut ici remarquer une analogie avec les grands chemins.
Alors que le personnage est enperpétuel mouvement (même lorsqu’il est sur les toits de Manosque), le temps semble comme arrêté. Chacun des cinq chapitres de la première partie ne couvre qu’une à deux journées. C’est donc cette lenteur du récit qui donne l’effet de la dilatation de la durée : les jours semblent interminables. On retrouve le même effet dans les cinq derniers chapitres. Ces deux moments de déplacements correspondentà un large étalement narratif. Alors que dans la partie centrale du roman, on trouve le phénomène inverse : un temps long (plus d’un mois) est lié à un espace plutôt réduit. La notion de temps est donc assez évasive. Tout s’entremêle, les circonstances de l’action sont peu précises (monarchie de juillet, mais encore ?), l’espace délimité par l’auteur reste assez fantaisiste (la carte qu’il fournilui même reste floue), les personnages rencontrés sont anonymes : le petit français, la jeune préceptrice, la nonne, … et on ne sait que le minimum sur les héros ( deux cent pages passent avant d’apprendre le patronyme d’Angelo, quatre cent avant de connaître le nom de Pauline !). Pauline, dont on ne saura rien de plus, peut-être pour la garder telle une figure fugitive, irréelle, merveilleuse etsans doute un peu énigmatique.

Le bonheur de la vie d’Angelo
Angelo mène sa vie comme un spectacle autant qu’il perçoit le monde comme un théâtre. Angelo est en représentation sur la scène du monde :
« Tu ne te mets jamais à ta place. Tu te mets toujours à une place que tu inventes. Et Dieu sait si tu te l’invente au sommet. »
Quand il se trouve devant Pauline la première fois, il dit unecérémonieuse réplique de théâtre :
« Je suis un gentilhomme, dit bêtement Angelo. »
Il se met des étiquettes :
« Je me ferais tuer pour mon cheval », « Je ne suis jamais adroit quand on m’insulte »,
« Je ne peux pas être heureux en dehors du devoir ».
Il est un acteur médiocre et a conscience de ses limites : « J’en fais toujours trop » et de la nécessité du public :  « sans témoin, tu nevaux rien, se disait-il ».
Chez le héros, les expériences les plus redoutables sont accueillies comme d’aimables péripéties. Le péril extrême ne peut qu’ajouter au plaisir quand on en connaît la facticité !
Il se réjouit des occasions d’éprouver sa bravoure :
« Mais j’ai l’âme folle, je n’y peux rien. Il me faut l’Arioste. »
Tous les évènements de la vie d’Angelo sont des fêtes : le choléra,les soldats, le carbonarisme, les paysans menaçant, l’amour de Pauline.
Angelo, être sensuel qui aime à être bien chaussé, bien vêtu, bien rasé, qui aime le bon vin, la bonne chère et les petits cigares, est à sa manière un jouisseur, un esthète, soucieux de multiplier les expériences et les plaisirs. Les hostilités du monde ne peuvent avoir de prise sur lui, tout lieu, toute circonstance contientsa promesse de bonheur :
« On doit pouvoir s’habituer à ces lieux, se disait Angelo, et même ne plus avoir le désir d’en sortir. Il y a le bonheur du soldat (c’est celui que je mets au-dessus de tout) et il y a le bonheur du misérable. N’ai-je pas été parfois magnifiquement heureux avec ma nonne et souvent au moment même où nous tripotions les cadavres sous toutes les coutures. Il n’y a pas de...
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