Le jansenisme

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  • Publié le : 20 mars 2011
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LE JANSENISME

Introduction

On ne peut pas rentrer dans Tous les matins du monde, tant au niveau du livre que du film, sans un minimum de connaissances artistiques, culturelles, mais surtout religieuses. En effet on constate que le Jansénisme est omniprésent dans l’œuvre de Quignard et Corneau, rappelé par les personnages et principalement Sainte Colombe. Nous aborderons donc en premierlieu ce qu’est le jansénisme, puis nous verrons comment il s’impose en toile de fond de l’œuvre et de ses personnages.

I) Le Jansénisme

A) Présentation

Le Jansénisme est une démarche spirituelle qui dérive de la lecture théologique du catholicisme et qui impose un mode de vie plus austère et reculé. Il doit son nom à l’évêque Cornélius Jansen.
Le Jansénisme prend son essor au XVIIesiècle (sous les règnes de Louis XIII et Louis XIV) et s’inspire largement de la théologie de Saint Augustin et des réformes protestantes. Le Jansénisme ressemble au catholicisme mais diverge sur la manière de vivre en accord avec la religion : alors que les catholiques prônent une vie de prière plutôt libre, les jansénistes sont beaucoup plus sévères et vivent retirés du monde ; leur vie doitêtre la plus austère et la plus pieuse possible. Le Jansénisme est, à la base, une réflexion théologique centrée sur le problème de la grâce divine mais devient vite une force politique. Le lieu le plus emblématique des jansénistes est Port-Royal-des-Champs. Cette ancienne abbaye cistercienne devient un lieu capital de la réforme catholique, jusqu’à devenir l’emblème de la contestation politique etreligieuse de l’absolutisme royal. Cet endroit convient parfaitement aux jansénistes puisqu’il est reculé (dans la vallée de la Chevreuse, au Sud-ouest de Paris). Ce monastère isolé contraste avec celui de Port-Royal-de-Paris, beaucoup plus fréquenté et représentatif de l’Eglise catholique. En 1636, l’abbé de Saint-Cyran et les Solitaires mirent en place les « Petites écoles » dont Racine futl’élève. On y enseigne les langues vivantes entre autres (l’espagnol, l’anglais, etc..).Plus tard, seul Port-Royal-de-Paris sera légitimé par l’archevêque et celui des Champs détruit.

B) Misère et grâce dans la Jansénisme

-Le concept de grâce est à mettre en lien avec la religion, bien évidement. La grâce divine est un don fait aux hommes par Dieu « gratuitement », autrement dit sans que l’hommel’ait mérité. Le catholicisme prône, à l’inverse du Jansénisme, la miséricorde ; c'est-à-dire lorsque Dieu se montre indulgent et ne punit pas les hommes à travers la confession ou une vie pieuse par exemple. Le philosophe Blaise Pascal s’est intéressé à la grâce divine, et plus largement au Jansénisme. Il a côtoyé des jansénistes pendant son enfance, on peut très tôt parler d’une véritableconversion. Il expose son point de vue sur la religion à travers plusieurs textes dans Les Pensées.
-La misère selon Pascal, on y retrouve la doctrine janséniste, est un élément majeur dans la vie des hommes. L’homme ne vivrait que dans la misère de son état mortel et ignorant, conséquence du péché originel d’Adam. L’homme subit donc « l’Ordre de Dieu qui pour la punition des hommes les a asservis à sesfolies » (Pensées, 12). Pascal indique ici l'effet de Dieu sur l'homme qui doit donc se positionner en tant que victime et subir les effets du Dieu tout puissant, à moins qu’il ne se tourne vers la grâce. (Pensées, 71)

II- Le Jansénisme dans l’œuvre de Pascal Quignard et dans celle d’Alain Corneau

A) Le Jansénisme tient une place importante dans les deux œuvres.

* Lejansénisme est représenté par quelques personnages et est également évoqué.
En effet, le maître des deux filles de Sainte Colombe, Madeleine et Toinette est M. De Bures ;
« Un homme qui appartenait à la société qui fréquentait Port-Royal » (page 10), « Elles vivaient dans la compagnie de Guignotte, de Monsieur de Pardoux, et de Monsieur de Bures » (page 19). « Elle ne communiait plus, sans qu’il...
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