Le jour se leve - scene de l'usine

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  • Publié le : 26 mars 2010
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Analyse filmique de la scène de l’usine :
Le jour se lève, Marcel Carné, 1939

Quelques mois avant que l’Allemagne aie envahi la Pologne en 1939, ce qui allait précipiter le monde dans la deuxième guerre mondiale, Le jour se lève, un film français réalisé par Marcel Carné, est arrivé devant les yeux du public français. Arrivé à la fin du mouvement de gauche du Front Populaire qui avait donnéles droits à la classe ouvrière, Le jour se lève est l’histoire du sableur François. Cet ouvrier se débrouille dans sa vie honnêtement et simplement, comme un bon citoyen, jusqu'au moment où il est submergé par le désespoir et il est poussé à tuer. Nous sommes engloutis dans la tragédie de François qui se dévoile par une série de flash-backs. Ce film, décrit comme une réussite du style réalismepoétique, évoque une nostalgie mélancolique. Les effets de la lumière, le son et le mouvement dans Le jour se lève reflètent le pessimisme de l’état collectif en France d’avant-guerre. Les luttes de la classe ouvrière, mais aussi leur désillusion, imprègnent le film, notamment dans le clip de l’usine.

Le flash-back de l’usine commence par un plan d’ensemble avec la grande usine au centre.Les environs représentent les symboles de la « modernité » : le train qui passe en même temps que la voiture s’approche et les tours d’électricité. Il n’y a pas un moment perdu, l’activité semble continue. Les deux trains s’enchainent sans interruption par un fondu enchainé. Tout semble nous indiquer que la France fait des progrès industriels et continue à être économiquement stable malgré lesconditions du monde. Cependant, la lumière et le son nous disent autres choses. Nous sommes avertis par le ciel gris et orageux et l’usine noire et menaçante qui se détache très nettement par son contraste. La musique dramatique monte petit à petit jusqu’au fondu enchainé où elle est remplacée par le bruit assourdissant des machines. La musique nous rappelle une sorte de marche sur la mortet semble nous amener à la destinée inévitable : la mort. La certitude de la guerre en France et la mort dans le film. Parallèlement avec la musique, la camera s’approche de l’usine et fait un fondu enchainé à l’intérieur de l’usine, nous pressentons que la catastrophe va se dérouler.

Dans l’usine nous entrons dans un autre monde. Un monde où des sortes de robots en scaphandres s’activent dansle bruit et la poussière. Il s’agit en fait d’ouvriers sableurs vêtus d’une combinaison et d’un masque qui décapent de l’acier. La camera effectue un traveling de l’un à l’autre, tous les mêmes. Dans ce plan américain, nous ne voyons pas leurs visages, ce qui renforce le cote déshumanisé de ce travail. Dans le bruit et la poussière continuels, il leur est impossible de communiquer entre euxmême s’ils sont côte à côte. Le nuage de poussière diffuse la lumière et crée un halo flou qui donne une atmosphère d’un monde irréel ou un sorte de rêve.

Quand la camera arrive sur François en plan rapproché poitrine, son visage est éclairé et met en relief son regard concentré mais aussi désabusé. La vie quotidienne pour François et les ouvriers de France est une réalité lugubre. Mais commeles autres, François a l’air d’accepter depuis longtemps ce travail répétitif, dangereux, et malsain. On ressent cette lassitude dans une scène plus tard quand il dit : « Qu’est ce que j’ai pu faire comme boulot ! J’ai fait des boulots, jamais les mêmes, puis toujours pareils… Alors tu sais j’ai plus la force de lutter je me laissais aller… ca allait mal, je m’installais. »

L’arrivée de lajeune fille Françoise est le contraste absolu. La camera suit son entrée dans l’usine ce qui nous permet de voir l’immensité de l’usine avec une grande profondeur de champ. Habillée à la mode avec une robe blanche et un pot de fleurs dans ses bras, elle ne semble pas à sa place dans l’usine. La lumière éthérée illumine sa présence imprévue. Elle est l’image de la santé, la beauté, la...
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