Le lac

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  • Publié le : 23 janvier 2013
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Le sonnet






Le sonnet est certainement la forme fixe la plus répandue de la poésie.






Caractéristiques formelles






Le sonnet régulier est un poème de quatorze vers, à l’origine des décasyllabes, puis surtout des alexandrins. Ces vers sont répartis en trois strophes distinctes, deux quatrains suivis d’un sizain, que la typographie sépareartificiellement pour en faire deux tercets. C’est pourquoi, on dit qu’un sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets.


Néanmoins, sachant qu’une strophe est forcément composée d’un système de rimes clos, il est nécessaire de réunir ces deux tercets en un seul sizain pour suivre cette règle.


Le système des rimes du sonnet est lui aussi très codifié : les deux quatrainspossèdent les mêmes rimes embrassées, puis le sizain se compose d’un distique et d’un quatrain de rimes croisées. La combinaison originale du sonnet est donc abba abba ccdede.


Cette forme est appelée le « sonnet français », par opposition au « sonnet italien » dont le sizain propose un système différent : le distique est en effet suivi d’un quatrain de rimes embrassées et non plus croisées.La combinaison du sonnet italien est donc abba abba ccdeed.


Ces deux systèmes, apparus en France dès le XVIème siècle, peuvent être considérés comme les formes originelles du sonnet.


De nombreuses variantes ont été inventées par la suite, en particulier dans la disposition des rimes : c’est par exemple le cas du sonnet dit « élisabéthain » ou « shakespearien », qui seprésente sous la forme de trois quatrains à rimes croisées, suivis d’un distique final.


En définitive, tout poème de quatorze vers tend ainsi à se rapprocher de la forme du sonnet. Enfin, de nombreux sonnets mettent en valeur le dernier vers, qui donne parfois la clé du poème, ou présente un trait d’esprit particulier, une formule brillante, satirique ou même morale ; c’est la raison pourlaquelle ce dernier vers est couramment appelé le « vers de chute ».(Pensez au poème de Rimbaud « Le Dormeur du val », c’est le dernier vers qui nous apprend la vérité : le soldat ne dort pas, il est mort).






Histoire et évolution du sonnet


Le sonnet est apparu en Sicile, au milieu du XIIe siècle, mais il s’est surtout développé en Toscane, sous l’impulsion du célèbrePétrarque : celui-ci en composa 317 en l’honneur de Laure. La fin du XVème siècle voit ses imitateurs se multiplier en Italie, lorsque l’invention de l’imprimerie permet la diffusion du recueil des sonnets de Pétrarque. Enfin, cette forme apparaît en Espagne, en Angleterre et en France, où la mode italienne (liée entre autres aux campagnes militaires de François Ier) et la découverte, à Avignon, duprétendu tombeau de Laure (en 1533) lancent le pétrarquisme.


On considère généralement que c’est le poète Clément Marot qui a introduit le sonnet en France : en 1539, il publie une adaptation de « Six sonnets de Pétrarque » ; de fait, les premiers sonnets publiés en langue française sont le plus souvent des traductions du célèbre Italien. Mais les poètes français s’approprient rapidementcette forme fixe, dont ils reconnaissent les vertus. En 1548, Thomas Sébillet affirme ainsi dans son Art poétique français (II, 2) :


« Le Sonnet aujourd’hui est fort usité, et bien reçu pour sa nouveauté et sa grâce. »


Du Bellay lui-même, dans la Défense et illustration de la langue française (1549), en recommande l’usage, et il est le premier, avec L’Olive (1550), à faireparaître un recueil entièrement composé de sonnets. Deux ans plus tard, Ronsard publie à son tour ses propres sonnets, dans le recueil des Amours ; la fortune de cette forme fixe est alors assurée. Peu à peu, elle n’est plus seulement réservée au lyrisme amoureux, mais s’ouvre à d’autres thèmes et à d’autres registres : elle devient alors, notamment dans Les Regrets de Du Bellay (1558), élégiaque...
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