Le mal sert le bien

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  • Publié le : 23 février 2010
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Dissertation : « le mal sert le bien »
L’histoire est témoin d’un fait : l’adage « le mal sert le bien » a été utile à plus d’un. Cependant, il est bon d’analyser la pertinence de ces dires et d’en définir tous les termes. George Edward Moore pense qu’il est impossible de cerner avec exactitude le bien. Il s’agit en effet d’un terme générique pour une pluralité de contenus : la notion de bienest variable suivant les personnes et suivant les sociétés, tout en étant évolutive au fil du temps. Le bien, valeur morale, résulte d’une appréciation portée sur l’activité humaine. Elle est relative à ce qui est propre à favoriser, à avantager ou à nous être utile dans notre vie. L’idée de bien est liée à celle de satisfaction apportée par une action, une pensée ou par un objet. Le bien sera doncrecherché pour lui-même ou pour d’autres biens. A contrario, le mal caractérise une force sensée être la cause de tout ce qui est mauvais du point de vue de la morale dans le monde. Il provoque la souffrance tant physique qu’intellectuelle, et peut, tout comme le bien, être hiérarchisé différemment selon chaque individu. Désormais, ces deux notions étant correctement précisées, il est bon des’attarder sur la signification du verbe servir. Nous étudierons l’impact des différents sens auquel il peut se prêter, en commençant par son caractère de complémentarité, ensuite celui de servitude, pour finir, sur son aspect de contribution. Pour débuter, analysons la notion de complémentarité de cette nouvelle expression ainsi obtenue : le bien et le mal, bien qu’étant deux attributs antinomiques,forment un tout indissociable et bénéfique. Selon Héraclite, le monde est agencé en ensembles de contraires. Chaque propriété, chaque objet, chaque qualité, tout a son pareil à l’opposé. Et c’est par l’acquis, l’expérience d’un de ces concepts, que l’on peut au mieux dégager le sens de son antipode. C’est en parlant de mort, que l’on souhaite l’immortalité. Si cette dernière était généralisée etuniverselle, il n’aurait jamais été question de mortalité, de décès naturels. On aurait traité de fous, ceux qui par malchance auraient imaginé l’inverse. Ainsi, « servir » instituant une valeur positive à l’adage, on peut présager que cette alliance est bénéfique. En effet, comme le développe la philosophie aristotélicienne, le moyen-terme entre deux extrêmes, indésirables, est un idéal, c’est lafusion parfaite. Le yin et le yang symbolisent cet équilibre entre tous sujets. Le yin représente plutôt leur aspect négatif alors que le yang en souligne leur caractère positif. Ceux-ci sont d’ailleurs régis selon quelques relations : l’opposition, l’interdépendance (l’un ne se conçoit pas sans l’autre) et l’engendrement (l’un laisse place à l’autre). Autrement dit, ces différents agencementsprovoquent des mises en valeur réciproques. La vertu n’a de valeur que tant qu’elle doit résister au mal moral. Ce sont les défauts de certains qui forcent au respect des qualités des autres. Si l’on est laid et que l’on veut paraître séduisant, il suffit de s’entourer d’hommes aux allures plus désagréables. C’est un mode de pensée comparatif. L’aspect agréable du bien est fixé grâce au caractèrenéfaste du mal. La communion des deux est à la base d’un savant mélange, équilibre harmonieux. Ensuite, étudions la thèse d’origine en considérant que « servir » est employé dans le sens de la servitude. Le mal ne serait plus un terme égal au bien, mais il deviendrait son esclave. Il perdrait l’équivalence antonymique dont il bénéficiait et retomberait à un niveau inférieur. Ce déséquilibre signifieraitque le bien prime, surpasse le mal. D’après Leibniz et sa théodicée, le mal est le moindre des biens. Effectivement, il affirmait que Dieu, dans sa bonté naturelle, n’a aucune intention de répandre le mal, la douleur. Malgré sa volonté d’affirmer

un dessein uniquement positif, il ne peut éviter toutes les catastrophes. Dieu a imaginé toutes les alternatives possibles à un monde parfait,...
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