Le mal

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  • Publié le : 2 avril 2011
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Cours de synthèse (suite)
2.       Manifestations du mal
 
Après avoir usurpé le pouvoir, en perpétrant le meurtre du roi, Macbeth fait subir à l’Écosse les pires cruautés. C’est Macduff qui révèle les procédés et les différentes formes que prend le mal, fait par Macbeth. (Acte, IV, sc. 3). L’Écosse représente un tableau de désolation générale. Le ravage est universel etn’épargne ni êtres humains ni éléments naturels. Les veuves, les orphelins et les malheurs « giflent le ciel en face, à tel point qu’il résonne, comme s’il proclamait même syllabe de douleur.» Le ciel est même désarmé devant ce mal absolu, qui inflige à l’Écosse une blessure toujours ouverte. Le pays, comme le constate Malcolm, ressemble à un corps « Il pleure, il saigne, et chaque jour nouvelle plaie,est ajoutée à ses blessures.»
 
Le mal y est contre-nature. Il s’annonce comme un renversement de l’ordre naturel. La seule pensée au meurtre crée chez Macbeth ébranle l’état naturel du personnage « mon cœur bien assis frappe à mes cotes.» (I, 3) C’est justement ce désordre intérieur qui va ultérieurement se déchaîner sur le monde extérieur, par décision souveraine dutyran : « Mais non, que soit rompu l’ordre des choses, que souffrent les deux mondes.» (III, 2) Le mal intérieur semble bien se concrétiser dans l’univers, lorsqu’il prend la forme d’étranges manifestations, à en croire Lennox : « la nuit a été singulière : où nous dormions, nos cheminées étaient renversées par le vent, et dit-on, furent entendues des lamentations dans l’air, avec d’étranges cris demort, et qui prophétisaient en terribles accents d’horribles rébellions, confus événements nouvellement éclos pour des époques noires. L’oiseau des ténèbres ulula tout au cours de la nuit ; d’aucuns disent que la terre fiévreuse trembla. » (II, 3).
 
Le meurtre du roi est une transgression de toutes les lois. C’est ainsi que Macbeth, lui-même, conçoit les plaies du roimourant, comme une blessure dans l’ordre de la nature : « Ses plaies béantes semblant ouvertures dans la nature, pour l’entrée dévorante de la ruine. » (II, 3)
Cependant, la nature elle-même semble essentiellement mauvaise et manifeste spontanément le mal. C’est pourquoi Banquo est tout à fait conscient du danger de l’énergie maléfique que la nature peut libérer : « pensées mauvaises, queNature libère dans notre sommeil. » (II, 1). Le capitaine parle des « bassesses de la nature » (I, 2),alors que Lady Macbeth fait appel à la « méchanceté de la nature » (I, 5)
 
Le mal est rupture de l’ordre naturel, mais aussi il est un composant de ce même ordre.

Citations.
 
 

 
Macbeth : « Tout ce que l’homme ose, je l’ose : vient doncpareil à l’ourse hérissé de Russie, au rhinocéros armé ou au tigre d’Hyrcanie, toute forme hors de celle-ci ! » (III, 4)
 
Hécate : «Macbeth méprisera le destin, il dédaignera la mort…vous savez combien sécurité est pour les mortels le pire des dangers.» (III, 5)
 
Macbeth : « J’ai presque oublié le goût de la peur…je suis gorgé d’horreurs ; l’atroce, familier demes pensées sanglantes, ne peut plus me surprendre. »(V, 5)
 
Macduff : « Horreur, horreur, horreur ! La langue, ni le cœur ne peuvent te penser ni te nommer. »(II, 3)
 
Lennox : « la nuit a été singulière : où nous dormions, nos cheminées étaient renversées par le vent, et dit-on, furent entendues des lamentations dans l’air, avec d’étranges cris de mort, etqui prophétisaient en terribles accents d’horribles rébellions, confus événements nouvellement éclos pour des époques noires. L’oiseau des ténèbres ulula tout au cours de la nuit ; d’aucuns disent que la terre fiévreuse trembla. » (II, 3).
 
 
Pour le vicaire de Rousseau, le mal se manifeste d’abord comme un désordre. Le vicaire note l’ordre de la nature, avant de...
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