Le malade imaginaire

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  • Publié le : 30 juin 2010
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Bellot-gurlet Anaïs ECE1

« Si l'État est fort il nous écrase, s'il est faible nous périssons », Paul Valéry

L'indice de Développement Humain ou encore l'évaluation du niveau de Bonheur National Brut sont des outils statistiques couramment employés pour apprécier le niveau de bien être matériel et spirituel atteint par telle ou telle nation. Au-delà de cet objectif premier, cesindicateurs sanctionnent la capacité des États a fournir à leur populations les moyens de s'épanouir, la manière dont ils parviennent à conduire leur peuple sur la voie du bien être. Le crédit accordé à ces indicateurs souligne ainsi l'ampleur du pouvoir, des responsabilités que la communauté internationale confère à l'État : en tant que structure responsable de l'administration de la société atravers les lois qu'il édicte il peut tout aussi bien être glorifié pour avoir su créer les conditions favorisant un niveau élevé de satisfaction pour les sujets – on érige ainsi les pays nordiques en exemple pour leur système social- ou être vilipendé pour n'avoir pas permis d'améliorer la situation de son peuple.
Le sort des individus soumis à un pouvoir étatique semble donc dépendre de lamanière dont ce dernier s'organise, de l'intensité avec laquelle il emploie sa puissance. Dans cette perspective, comment parvenir à un optimum, à une situation telle que l'État puisse procurer à ses sujets la situation la meilleure possible ? On bute ici sur une contradiction majeure : on ne saurait définir une situation optimale face à la multiplicité des attentes qui animent les citoyens. Un État quichercherait à imposer un modèle unique empêcherait l'expression des particularismes individuels utiles à l'épanouissement de l'être humain. D'autre part, on blâme souvent les organisations étatiques car elles n'assurent pas un niveau de sécurité suffisant que ce soit vis à vis des agressions extérieurs ou intérieures. Une deuxième tension apparaît : l'État peut-il être suffisamment fort afin dese prémunir contre ce qui pourrait le désagréger tout en préservant un degré satisfaisant de liberté ? Peut-on concilier puissance de l'entité globale, de la structure étatique et respect de l'individualisme ? Cela semble envisageable si l'on aborde le problème sous un angle différent : la liberté des individus ne peut-elle pas être source de puissance pour un État ? Nous devrons pourtant abordercette idée avec prudence : seule un certain type de liberté individuelle peut contribuer à renforcer la structure étatique ce qui implique donc que l'État, par le seul fait de son existence doit priver l'individu d'une partie de son libre arbitre. Cette amputation n'a t-elle pas été souhaité par les sujets ? N'encourent-ils pas un risque plus grand sans la supervision de l'État ou s'il s'affaiblit?

Tout d'abord, il semble important de montrer comment le pouvoir de l'État employé de manière non optimale peut conduire à détériorer les conditions d'existence des sujets. Ainsi, un usage démesuré de la puissance potentielle dont dispose l'État est susceptible de comprimer la liberté des individus. Par les règles qu'il établie sous forme de lois, l'État peut contraindre les sujets à adoptertel ou tel comportement, porteur d'un sens particulier, illustrant une valeur. Par exemple, interdire juridiquement la possibilité d'avoir plus d'un enfant implique que le désir de natalité est quelque chose de blâmable, de nuisible pour la communauté. Dans la même idée, l'éducation publique qui inculque aux citoyens des valeurs franchie le seuil de la conscience individuelle : on formate alorsun 'citoyen standard', doté de réflexes intellectuels automatiques et prévisibles. Un État qui étend son influence à tous les aspects de l'existence humaine, qui intervient dans la sphère privée des individus en leur imposant une vision de la vie bonne gomme, comprime les particularismes individuels et réduit la part d'originalité de chaque individu. De plus si un État, infiltré dans tous les...
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