Le militantisme

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  • Publié le : 27 décembre 2011
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|Sujet : La formation du militantisme : apprentissages, héritages, transmission des savoirs et savoir-faire. |
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La littérature plus ou moins récente en science politique évoque un déclin du militantisme. A l’appui de cette thèse, on constate depuis plusieurs annéesque les partis politiques ont une baisse constante du nombre de leurs adhérents, le PS revendique environ 150 000 adhérents et l’UMP environ 300 000. Le parti communiste qui était le « parti de masse » par excellence dans les années d’après guerre ne compte désormais que quelques milliers d’adhérents. Ces chiffres, tout relatif qu’ils sont, n’évoquent pas pour autant le nombre de militants réelsdont les partis politiques disposent. Des militants qui ne se mobilisent réellement que lors des campagnes électorales comme les militants républicains ou démocrates aux Etats-Unis. Pourtant le militantisme en France n’est pas que politique, il tend de plus en plus à se développer au niveau associatif (l’engagement dans des associations sportives n’est pas pris en compte).

Le militant est définipar le « Petit Robert » comme « un membre actif d’une association, d’un parti ou d’un syndicat ». Par son activité au sein de l’organisation, le militant acquiert des savoirs et des savoir-faire que l’on peut désigner sous le terme de « capital militant » et celui-ci est essentiellement acquis dans le « champ politique ». Le terme de « capital militant » complète les différents « capitaux» deBourdieu (capital économique, culturel et social). En outre, le « champ politique » peut être défini comme "le lieu d'une concurrence pour le pouvoir qui s'accomplit par l'intermédiaire d'une concurrence pour les profanes ou, mieux, pour le monopole du droit de parler et d'agir au nom d'une partie ou de la totalité des profanes".

Cécile Péchu fait la distinction à l’intérieur du « champ politique »entre un « champ partisan » et un « champ militant »[1]. Le « champ partisan » serait celui où les individus recherchent les gratifications économiques et symboliques offertes essentiellement par les partis politiques et les syndicats. Le champ militant serait le champ où les individus rejettent la logique économique de recherche des gratifications et font du « militantisme pour lemilitantisme », où ils se dévouent entièrement à la défense d’une cause sans en espérer un quelconque dédommagement. Néanmoins, il ressort des études sur les militants du DAL (droit au logement) et ceux d’ATTAC (association pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens) que les plus actifs d’entre eux et les fondateurs de ces associations qui font du « militantisme pour le militantisme »ont été socialisés dans le champ partisan avant de l’abandonner et de s’investir uniquement dans le champ militant. Il convient de s’interroger sur les causes de ce changement et de savoir s’il n’était pas déterminé dans les choix même de l’engagement dans le militantisme politique qui s’est retrouvé insatisfait et donc qui a permis un « basculement » dans un militantisme associatif. Pour cela, lapremière partie la socialisation du militant de gauche dans le « champ partisan » et la professionnalisation des militants qui en a résulté. Dans la seconde partie, les raisons qui sont à l’origine du basculement dans le champ militant et à la création d’associations se revendiquant de l’alter mondialisme vont être étudiées.

I. Les raisons du déclin du militantisme politique traditionnelLes arguments en faveur du déclin du militantisme politique sont multiples. Dans cette partie, il ne sera étudié que la professionnalisation du champ partisan. Mais pour comprendre cette professionnalisation, il faut d’abord comprendre comment s’acquiert le “capital militant”.

A. L’acquisition des “ressources” militantes

Une personne s’engage dans un parti, un syndicat ou une...
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