Le multiculturalisme

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  • Publié le : 12 mai 2010
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Théories du multiculturalisme
Un parcours entre philosophie et sciences sociales
Francesco Fistetti

Note de lecture

Ce qui se manifeste avec acuité à la lecture de l'ouvrage de Francesco Fistetti c'est cette étonnante propension à éclairer tout un débat français autour de l'identité nationale. L’emploi courant de la notion de multiculturalisme en France est en effet entacher d’unrelativisme qui occasionne dans son usage lâche une définition nominale. L’exemple de l’usage creux du mot en politique apparaît comme les attributs d'un "langage malade" (Austin) "objectivement servile et utilisé par le système qu'il récuse"(De Certeau).
Cet ouvrage propose une extension discursive à l’entendement de la notion permettant un balayage large. Dans le tourbillon de la réflexivité sur lanotion, qui fait foison dans le champ des sciences humaines, ce livre apparaît comme une bouffée d'oxygène tant il synthétise les travaux sur la question.
Le cheminement de Fransesco se nourrit de divers courants critiques comme la French Theory (Deleuze, Derrida, Foucault), les Subaltern Studies de Delhi, la tradition intellectuelle d’Afrique Noire, les Cultural Studies nées de la diasporaantillaise à Birmingham, mais aussi des écrits anticoloniaux qui ont accompagné les luttes pour l’indépendance (Frantz Fanon, Aimé Césaire) et des postcolonial studies. Il puise également nombres de sources chez Gramsci, Hall ou Arendt.
En dressant un panorama de ces différents paradigmes à travers des points de vues philosophiques, anthropologiques et historiographiques d’ici et d’ailleurs, Fistettifait communiquer des modèles de connaissances propre à remettre en cause l’hégémonie de la pensée occidentale (Gramsci). La subtilité discursive de l’ouvrage consiste à nous amener lentement vers une redéfinition de la notion multiculturelle par les modèles extérieurs à l’occident.
En passant au crible quantité de ses outils et de ses théories, la notion apparaît clairement comme essentielle àl'entendement d'un monde contemporain en proie à de nombreux maux identitaires et culturels. Il est somme toute impossible en effet de dissocier nos problèmes contemporains de leurs racines diasporiques, migratoires ou coloniales révélatrices d’un monde moderne marqué par le mouvement et l’incertitude (Balandier).
Ce qui est sous-tendu au final c’est la déconstruction d’une pensée occidentale duelleau prisme d’épistémologies subalternes. La diversité constitutive de notre propre société est soumise par l’ouvrage à un décentrement grâce aux studies en tout genre. Cela permet de comprendre la question multiculturelle comme un ensemble flou mais cohérent, partie du « Nous »(Todorov, 1989).

La première partie trace les contours et l’histoire des travaux subalternes autour des contributions deSaïd (l'orientalisme), Mbembe (l'Afrique) ou encore de Spivak (can the subaltern speak ?). L'articulation qu'il propose rend la place aux sujets absents de l’Histoire au travers d’un dialogue épistémologique. Il convoque ainsi les travaux de Deleuze et Foucault ou encore Derrida au prisme de travaux anthropologiques propres à retracer l’empirisme micrologique et historiographiques « secondaires». L’opération montre ainsi comment l’hégémonie occidentale est contestable et contestée. Il entend rendre la place aux voix subalternes en dépassant le premier constat sceptique de la profusion des références épistémologiques convoquées.
Il nous apprend à utiliser au mieux la boîte à outils des notions d'identité, de culture, ce qui nous amène à réinterroger les idéaux universaux de l’occident. Ony apprend cette essentialisation de la figure de « l’autre » comme image inversé du « nous » (Todorov).
La mise en dialogue épistémologique des différentes théories construites autour de l'altérité permet un regard nécessaire à la (re-) définition du multiculturalisme.
Il apparaît clairement que l’universalisme de la pensée occidentale est l’occasion de populisme culturaliste radicalement...
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